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 les 5 nations civilisées et la guerre de sécession

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paddy



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MessageSujet: les 5 nations civilisées et la guerre de sécession   Ven 17 Fév - 16:45

LES INDIENS PENDANT LA GUERRE DE SECESSION
Les Cinq Nations civilisées dans la guerre civile



La piste des larmes:



Les cinq nations dites civilisées, Cherokees, Creeks, Chocktaws, Chickasaws et Séminoles, furent déportées de leurs terres d'origine (Alabama, Georgie, Carolines, Tennessee, Mississippi, Floride) entre 1820 et 1837 pour être "réinstallées" dans le territoire dit "indien"(actuel état de l'Oklahoma). En vertu du traité de 1830, le "Indian removal act", le président d'alors, Andrew Jackson, héros de la guerre de 1812, fut autorisé à négocier, avec les tribus, leur déplacement à I'ouest du Mississippi. Motivée par I'avidité sans borne des colons blancs sudistes désireux de s'approprier les riches terres des indiens, cette spoliation inique reste une tache indélébile dans I'histoire des Etats Unis !

Une partie des Creeks et de nombreux Choctaws et Cherokees avaient pourtant lutté aux cotés des Américains contre leurs frères pro-Anglais (les "Red stick Creeks" de Red Eagle) quand Jackson avait châtié ces derniers après I'odieux massacre de Fort Mims en 1813 ou 400 personnes avaient été assassinées. Dès lors, les nations Indiennes du sud-est, sous I'impulsion des Cherokees, s'étaient résolument engagées sur la voix de la civilisation selon le modèle occidental, mais en conservant leur spécificité. Elles adoptèrent le mode de vie des blancs, sa forme de gouvernement avec des représentants élus (les Cherokees se dotèrent d'une constitution largement inspirée de celle des Etats Unis en 1827),
I'habitat, le costume souvent, la technicité pour I'agriculture et le commerce, le système des plantations et I'esclavage.
Surtout, en 1821, Sequoyah (ou John Guess), un sang mêlé Cherokee, créait un alphabet particulier et absolument original pour son peuple. On construisit écoles et académies et quelques années suffirent pour qu'une bonne partie des Cherokees lisent et écrivent dans leur propre langue, permettant I'édition de livres, de bibles (la tribu se convertit rapidement au christianisme) et même d'un journal, le "Phoenix" en 1828 édité en Anglais et en langue Cherokee !
Les nombreux contacts avec les blancs, commerçants, missionnaires, émigrants épousant des indiennes, mais aussi indiens instruits dans les écoles de l'est et se mariant avec des jeunes filles blanches de la bourgeoisie (nordiste ou sudiste d'ailleurs) avaient favorisé l'apparition d'une classe de sang-mêlés éduqués, souvent riches, dynamiques, très au fait du monde des affaires des blancs. Ces sang-mêlés, qui se voulaient Indien avant tout, avaient peu à peu pris beaucoup d'influence sur leurs peuples et les menaient résolument sur la voix du progrès. Hélas, malgré ces efforts d'intégration originaux et uniques dans toute I'histoire indienne, ou l'on en était souvent arrivé à traiter d'égal à égal, les nations civilisées ne purent rester à I'abri de la convoitise des blancs.

En 1829/1830, la législature du Mississippi annexa purement et simplement le territoire des Choctaws, déclarant sa population citoyenne de l'état. Cette dernière précision resta pourtant lettre morte et les Choctaws durent partir pour les territoires de l'ouest.
En 1832, les Creeks tentèrent de se soulever mais le général Jessup et ses 11 000 soldats les ramenèrent rapidement à la raison. Les Creeks perdirent près de la moitie des leurs sur la route de l'ouest qui devait rester dans l'histoire sous le nom de "piste des larmes"… En 1837, les Chickasaws connurent le même destin. Seuls les Séminoles opposèrent une vive résistance à l'armée Américaine au cours de trois guerres sanglantes ( 1817/18-1835/42 et 1855/58). A la fin de la seconde guerre (sous le fameux Oscéola) il ne restait plus que 500 indiens en Floride, 1 500 étaient morts et près de 4 000 avaient été transplantés dans l'ouest.
Les Cherokees tentèrent de s'opposer à la confiscation de leurs terres (ou l'on avait découvert de l'or en 1828 pour ne rien arranger !) par des moyens légaux, mais les décisions prises en leur faveur par les courts fédérales en 1831 et 1832 n'y changèrent rien. Les Etats Unis étaient décidés à s'emparer des terres et ils les obtiendraient ! La nation Cherokee se divisa en deux factions: les partisans du traité avec les USA, menés par les familles Ridge/Watie/Boudinot (majoritairement sangs-mêlés) qui acceptaient la cession des territoires de la nation en échange du paiement d'annuités et de terres dans le territoire indien et les opposants à tout déplacement, surtout "pur-sang", menés par John Ross (qui n'avait lui même qu'un huitième de sang indien). En 1835, persuadés que c'était la seule solution raisonnable, les premiers cités conclurent le traité de New Echota, engageant toute la nation Cherokee, sans avoir consulté Ross et les siens. Paradoxalement, le major John Ridge avait été l'un des instigateurs d'une loi condamnant à mort tout Cherokee qui vendrait des terres indiennes sans l'accord du grand conseil national… Certains sauraient s'en souvenir…

Juste après la signature du traité, Ridge et ses partisans partirent volontairement pour le territoire promis. Ils y retrouvèrent d'autres Cherokees, les "Old settlers" qui avaient émigré quelques années plus tôt sentant le vent venir . Dans l'est, les Etats Unis, au nom d'un traité que Ross refusait de reconnaître, le contraignirent par la force, lui et ceux qui l'écoutaient, à quitter leurs terres et leurs maisons, souvent livrées au pillage et à l'incendie. Commença alors un nouvel et terrible exode sur la "piste des larmes" ou les Cherokees perdirent 20 à 25% des leurs, dont la propre femme de Ross... (Quelques indiens restèrent pourtant sur leurs terres ancestrales). Partisans de Ridge, de Ross et "old settlers", tous réunis à I'ouest du Mississippi, tentèrent en vain de s'entendre. Le 22 juin 1839, Ridge, son fils et Elias Boudinot furent assassinés par les sympathisants de Ross ( celui-ci ne fut jamais imp1iqué dans ces meurtres) qui ne leur pardonnaient pas leur trahison. A la fin de I'année, une nouvelle constitution fut adoptée mais des douzaines de meurtres politiques eurent encore lieu entre les partis Ridge et Ross jusqu'en 1846 ou un traité, signé à Washington entre les différents protagonistes, mettait fin à cette guerre civile larvée en dédommageant les uns et les autres.

Pendant les années 1840 et 1850, les cinq nations se remirent courageusement au travail et reconstruisirent la civilisation qu'elles avaient connues, pour certaines, à I'est du Mississippi. Maisons, plantations, écoles, églises poussèrent partout sur le territoire qui leur avait été attribué, mais ce n'est qu'en .1856 que le gouvernement des Etats Unis découpa ce1ui-ci en cinq zones autonomes, régie chacune par une des nations (voir carte). Sous le gouvernement de John Ross (à partir de 1846) les Cherokees, en particulier, connurent une période de progrès social sans précédent malgré la nostalgie de certains "pur sang" pour les anciennes coutumes. Les sangs-mêlés le surnommèrent "Pins" (d'après I'insigne qu'ils portaient sur 1eur chemise) par dérision, ayant peu d'estime pour ceux qui regardaient vers le passé plutôt que l'avenir…




L'alliance Confédérée :


En 1861, le territoire indien se trouva face à un nouveau problème, la guerre entre le nord et le sud. Sa position géographique le plaçait entre le Kansas yankee au nord, l' Arkansas et le Texas rebelles à l'est et au sud, le Missouri déchiré au nord-est et les sauvages tribus des plaines à l'ouest (qui les considéraient comme des blancs, c'est a dire des ennemis !).
Il fallait pour la confédération sudiste rallier les nations dont le territoire occupait une position stratégique de première importance, sans parler d'un cheptel de plus de 500 000 têtes de bétail ! Les Texans occupèrent donc les postes abandonnés par les troupes fédérales en retraite vers le Kansas. Le 4 mars 1861, le congrès confédéré autorisa le président Davis à envoyer un émissaire auprès des ind iens. Ce fut Albert Pike, un éditeur de I' Arkansas et un ami des cinq nations.
Pike devait proposer une alliance militaire, (mais les indiens ne seraient pas tenus de se battre en dehors de leurs frontières), le paiement des annuités versées auparavant par le gouvernement fédéral (plutôt mal que bien d'ailleurs !), la fourniture de vivres, armes, munitions, équipements militaires, I'envoi de troupes blanches pour aider les nations et surtout, l'admission de délégués des cinq nations au congrès confédéré afin de constituer, une fois la guerre terminée, un état indien à part entière dans la confédération. De quoi séduire !!!

La mission de Pike débuta mal, le chef Ross, de la nation Cherokee, lui fit savoir que son peuple observerait une stricte neutralité dans le conflit, confirmant une proclamation émise quelques jours plus tôt. L'émissaire de Richmond décida alors d'aller voir les autres tribus. Il eut plus de succès. Les Choctaws et les Chickasaws signèrent sans difficultés un traité d'alliance avec le sud le 12 juillet 1861, les Creeks et les Séminoles en firent autant, respectivement, les 10 juillet et 1er Aout, malgré I'opposition d'une partie des leurs. Ces deux peuples avaient connus, autrefois, des divisions semblables à celle des Cherokees : Partisans de la cession des terres contre adversaires, sangs-mêlés (Lower Creeks) contre pur-sang (Upper Creeks). Le Creek Opothleyahola et le Seminole Billy Bowlegs refusèrent de rencontrer Pike, Daniel Macintosh (Creek) et John Jumper (Séminole) signèrent pour les deux nations.
Restaient toujours les Cherokees. Ross fut impressionné par le ralliement presque total des autres nations à la cause sudiste mais il espérait gagner du temps jusqu'au retour des fédéraux. Certains Cherokees, comme Stand Watie, un des leaders rescapés du parti Ridge (le major Ridge était son oncle) avaient déjà pris partie. Watie, qui paradoxalement avait bien plus de sang indien que Ross, avait rassemblé ses partisans et formé une unité de cavalerie pro-confédérée, la vieille querelle à propos du traité de New Echota se rallumait. Les partisans de la sécession, le parti Ridge, les sangs-mêlés se regroupaient dans la "Blue Lodge" et les "Knights of the golden circle" tandis que les Unionistes et les abolitionnistes, plutôt "Ross" et pur-sang rejoignaient la "Loyal League" et la "Keewootah society".

Le chef Cherokee John Ross et sa seconde femme, (la 1ere était une Cherokee) Mary Bryan Stappler , photographiés dans les années 50.
Né en 1790 dans le Tennessee, Ross sympathisait plutôt avec Je sud, mais Mary, qu'il avait épousé en 1844 (il avait 54 ans et elle 18 !) était une Quaker de Wilmington (Delaware) et toute la belle famille de Ross était yankee...

Finalement, les pressions d'une grande partie de son peuple (sangs-mêlés mais aussi pur-sang) et la victoire des confédérés à Wilson's Creek le 10 aout, obligèrent Ross à convoquer un grand conseil pour le 21 , à Tahlequah, capitale de la nation Cherokee (rien de plus qu'un village en fait). Assemblée étonnante qui vit se cotoyer turbans et hauts de forme, chemises de calico et redingotes, robes traditionnelles et crinolines. Ross, certainement contre sa conviction profonde, soutint la cause du traité avec le sud, traité qui fut signé le 7 octobre suivant et vit une poignée de mains historique entre Watie et son vieil ennemi.
Il peut sembler étonnant que les cinq nations civilisées aient conclu une alliance avec les gens qui les avaient dépossédés de leurs terres trente ans plus tôt de bien vilaine manière, (encore que beaucoup s'en souvenant parfaitement, préférèrent rejoindre les nordistes !). En fait, la plupart des indiens en rendait responsable le gouvernement fédéral plutôt que les sudistes, gouvernement qui, de plus, n'avait que très partiellement tenu ses engagements envers eux.
La Confédération reprenait ces promesses à son compte, cela valait la peine d'essayer d'obtenir de ce nouvel état ce que l'Union avait été incapable de tenir... Sans même parler des liens commerciaux et des investissements financiers des uns et des autres, investissements perdus en cas d'alliance avec le nord, il existait également des affinités culturelles et sociales évidentes entre les cinq nations et les états rebelles et la première de ces affinités était 1' esclavage.


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paddy



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MessageSujet: Re: les 5 nations civilisées et la guerre de sécession   Ven 17 Fév - 16:56

Le brigadier général Stand Watie. Né le 12 décembre 1806 en Georgie, son nom indien était Degadoga (il se tient/he stand) et son nom chrétien, Isaac S.Watie. Eduqué dans une école blanche, avant la guerre il était avocat pour la nation Cherokee. Watie et sa famille faisaient partie de la "bonne société Cherokee", possédant plantation, terres et esclaves. Watie avait épousé Sarah Bell qui lui donna trois fils et deux filles. L 'ainé de ses fils, Saladin, servit à ses cotés pendant la guerre et se distingua par sa bravoure. Après le conflit, Stand Watie eut encore des démélés avec la justice fédérale à propos de sa
manufacture de tabac, il s'éteignit en 1871 dans le territoire Indien.
Excellent chef de guérilla, Watie fut toujours loyal au camp qu'il avait rejoint même si il ne fut pas un saint, il semble par exemple que ses hommes abattaient systématiquement les
soldats noirs qu'ils capturaient...
Sarah Caroline Bell , épouse de Stand Watie
(Oklahoma Historical society)


L'esclavage dans les nations indiennes:

Au moment du déclenchement des hostilités, le "territoire indien" comptait environ 77 000 âmes:

21 000 Cherokees, 18 000 Choctaws, 5 000 Chickasaws, 15 000 Creeks et 2 200 Séminoles. D'autres tribus moins connues, y vivaient également: Delawares, Caddos, Wichitas… etc… approximativement 7 000 personnes. A ces chiffres, il faut ajouter environ un millier de blancs et de noirs libres, et 7 400 esclaves noirs appartenant aux nombreux planteurs des cinq nations. En effet, les indiens des cinq nations civilisées, originaires du sud-est rappelons le, vivaient largement comme leurs voisins sudistes et pratiquaient I'esclavage. Les noirs y étaient traités peut-être un peu mieux qu'ailleurs, mais l'abolitionnisme yankee (présent par la voix des missionnaires nordistes) y était vu d'un très mauvais oeil, d'autant que des leaders du parti républicain comme Seward, prônaient ouvertement l'expulsion des nations du territoire, une nouvelle "piste des larmes" était bien sur hors de question pour les indiens !


Au recensement de 1860, on comptait un esclave pour huit habitants indiens. 384 familIes Cherokees en détenaient 2 500, 385 familIes Choctaws: 2300, 1 650 pour 267 familIes Creeks et 917 pour 118 propriétaires Chickasaws. Il est à noter que contrairement aux "sangs-mêlés", peu d'indiens "pur-sang" possédaient des esclaves, les « pur-sang » étaient plutôt abolitionnistes, comme chez les Cherokees, alors que les « sangs-mêlés » étaient favorables à I'institution. Pourtant les leaders des deux factions avaient souvent bien des points communs. Si Stand Watie était logiquement propriétaire
d'esclaves, John Ross possédait plus de 100 noirs travaillant sur sa plantation de "Rose Cottage", et même le Creek unioniste Opothleyahola détenait de nombreux esclaves exploitant ses 2 000 acres de terre ! Notons que les Séminoles ne possédaient pas ou peu d'esclaves, mais un certain nombre de noirs libres ou évadés des plantations du sud lors de l'exode, vivaient dans la tribu, ayant souvent été adoptés par elle et les mariages interraciaux n'y étaient pas rares.

Rose Cottage, la plantation de la famille Ross à Park Hill (Western History col. University of Okhlaoma)



Formation des premières unités indiennes confédérées:


Avec le retrait des forces fédérales du territoire, tout conflit armé y semblait peu probable dans l'immédiat. Désirant toutefois une présence militaire dans la région, Richmond y créa un département qui fut confié à Pike, nommé brigadier général. Ses troupes se composaient de quelques unités du Texas et de I'Arkansas, mais la majeure partie fut formée parmi les cinq nations. Le 12 juillet 1861, Stand Watie était nommé colonel dans I'armée confédérée et organisait un bataillon de 300 hommes à partir d'une unité formée pour la défense du parti Ridge, bataillon qui devint bientôt régiment. Le 1 st Cherokee mounted rifles (800 hommes) prit du service sur la frontière de l' Arkansas, alors que la
nation Cherokee était encore officiellement neutre. D'après certaines sources, une compagnie du bataillon sous le capitaine Joel Mayes aurait participé à la bataille de Wilson's creek. Quelques cadavres yankees ayant été retrouvés scalpés après l'affrontement, on pensa aussitôt qu'ils en étaient responsables (nous reviendrons sur ces accusations...) et le général Ben McCulloch les renvoya dans le territoire.
Ross et ses partisans entendaient bien avoir aussi leur régiment, c'est John Drew (marié à la nièce de Ross, Maria Coody) qui prit le commandement de ce 2nd Cherokee mounted rifles (1 000 hommes). Signalons que les deux unités se réclamèrent comme étant le 1st Cherokee, laissant le numéro 2 aux autres ! Le plus souvent, les deux régiments furent désignés par le nom de leur chef: Watie et Drew.
Pendant ce temps, les autres nations constituaient leurs propres unités.

Le 31 juillet, le 1st Creek infantry regiment (900 hommes) élisait son colonel près d'Eufaula (nation Creek) : D.N.Mclntosh (le régiment servit comme infanterie montée). En septembre fut formé le 1st Creek cavalry battalion également à Eufaula , avec 400 hommes sous le commandement du colonel Chilly Mclntosh. Enfin, le capitaine J McSmith formait une compagnie de 75 hommes.

Les Seminoles confièrent leur 1st Seminole cavalry batallion, formé en septembre avec 400 hommes, au major John Jumper (signataire du traité d'alliance).

Le 1st Choctaw and Chickasaw mounted rifles fut constitué à Scullyville (nation Choctaw) le 31 juillet, avec 1 085 hommes, il comportait 6 compagnies Choctaws, 3 Chickasaws et une mélangée. Son colonel était Douglas H.Cooper, un ex agent des affaires indiennes. Le 2nd Choctaw & Chickasaw comptait 800 hommes sous le lieutenant colonel Randy Walker
Cooper prit le commandement de la brigade qui totalisait un effectif de 5 460 hommes.




Ci dessus, à droite, Louis Downing, sang mêlé Cherokee, pasteur dans la brigade indienne de Pike. II abandonna le sud après la défaite de Locust Grove en juillet 1862. Si son costume est occidental, Downing est incontestablement un indien ! Les officiers étaient généralement des hommes éduqués et portaient des noms anglo-saxons. La majorité des Cherokees avaient à la fois des patronymes chrétiens et indiens, ces derniers étant souvent traduits en Anglais (la plupart des pur-sang conservaient eux des noms indiens), ainsi, un même individu pouvait il être appelé de trois façons différentes !
Les rôles des unités indiennes comportent des listes de noms assez originales ainsi dans le régiment Drew (Cherokee) on peut relever côte à côte les privates: Dick Baldridge et Jeff Ballow, mais aussi Black Hawk et Big Road ou encore, Cha Loo Ky ou Pa Sooz or kie Cah lor nu hay skie ( !!!)

Albert Pike (1809- 1891) Aventurier, explorateur, maitre d'école, poète réputé, homme de loi, planteur, éditeur d'un journal et général Confédéré, Pike toucha à tout. Il était opposé à la sécession mais lorsque celle ci devint une réalité, il mit toute son énergie à rallier les tribus du territoire indien à la cause sudiste.


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paddy



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MessageSujet: Re: les 5 nations civilisées et la guerre de sécession   Sam 18 Fév - 15:13

A la poursuite d'Opothleyahola :


Au début octobre 1861, des tentatives de conciliation furent faites en direction d'Opothleyahola et des Creeks et Séminoles unionistes qui s'assemblaient et s'armaient. Le chef Creek refusa toute rencontre avec Ross ne lui pardonnant pas d'avoir rejoint la cause sudiste. Une guerre civile au sein du territoire semblait inévitable. Finalement, le 5 novembre, les partisans d'Opothleyahola se mirent en marche vers le Kansas pour se mettre sous la protection des forces fédérales. Les indiens unionistes rassemblaient au moins 6 000 personnes (Creeks, Séminoles, quelques Choctaws et Chickasaws, des Shawnees, Delawares, Comanches et Kickapoos, ainsi que des esclaves en fuite et même des Cherokees). "L'armée" proprement dite comptait 1 500 guerriers mal armés sous le commandement de Little Captain, un Creek, le reste, des femmes, des enfants, des vieillards, entassés dans des chariots avec tous leurs biens, un véritable exode…

Le colonel Cooper conduisit la poursuite de la "horde" unioniste à partir du 1 5 novembre. Sa force de 1 400 hommes comprenait 6 compagnies du 1st Choctaw & Chickasaw, le 1st Creek, le bataillon Creek de Mclntosh, celui de John Jumper ainsi qu'un détachement du 9th Texas cavalry. Le 19, Cooper attaqua les fuyards mais fut repoussé lors du combat de Round Mountain, entre Stillwater et Tulsa (il retrouvera les corps de certains de ses hommes fait prisonniers, le crâne défoncé !). Un second engagement ne fut pas plus heureux pour les confédérés le 9 décembre à Chusto- Talasah (ou Caving banks) sur le Bird creek, Cooper perdit 15 tués et 37 blessés, les Unionistes, 27 morts et environ 200 blessés. Cette fois, ce furent les hommes de Cooper qui se vantèrent des scalps pris sur l'ennemi, le lieutenant Folsom (Choctaw rgt) écrivit: "J'ai tué mon premier homme, pris son cheval, sa selle, deux scalps mais j'ai faillis perdre le mien!"
Dans la nuit du 8 au 9, le régiment Drew (Cherokee), qui avait rejoint Cooper, travaillé de I'intérieur par des éléments douteux (les Keewootah) perdit le tiers de son effectif en déserteurs, beaucoup rejoignant même Opothleyahola ! Celui ci restait libre et une importante division venait à nouveau d'apparaître chez les Cherokees dont d'autres éléments rejoignaient les indiens unionistes ou menaçaient de le faire. Devant cette grave menace, Cooper fit appel aux confédérés de l' Arkansas en réclamant des renforts. Le doute s'installait sur les capacités militaires des nations, Un texan écrivit à ce moment: « Je n'aime pas me battre aux cotés des indiens, vous ne savez jamais à quel moment ils vont
passer de l'autre coté... "


Le chef Creek Opothleyahola peint ici dans sa jeunesse en costume traditionnel . Né vers 1798, Opothleyahola restait un indien dans la vieille tradition, ( on raconte qu'il avait combattu Andrew Jackson en 1813), se peignait le visage et ne savait ni lire ni écrire, il mourut en 1862.
(Ce costume reste le plus souvent associé aux cinq nations, certains éléments devaient faire partie de la tenue portée par les indiens pendant la guerre avec des pièces d'uniformes CS ou US)

Tandis que Ross pardonnait aux déserteurs du régiment Drew qui rentraient au bercail (souvent pour démissionner, ne désirant plus se battre pour quiconque), à la grande fureur de Watie et de ses hommes ( quelques règlements de comptes sanglants vont avoir lieu par la suite), une force de cavalerie de 1 600 confédérés sous le colonel James McQueen Mclntosh parvenait à Fort Gibson le 20décembre. Mclntosh se lança immédiatement contre Opothleyahola. La bataille de Chustenahlah ou Patriot Hill, livrée le 26 décembre à quelques miles de Caving Banks, fut difficile, mais les sudistes finirent par balayer les unionistes qui, d'après Mclntosh, perdirent 250 tués, de nombreuses femmes, enfants, des chariots, 500 chevaux etc... furent capturés contre la perte de 8 morts et 32 blessés. Les
forces de Cooper qui n'avaient pu participer au combat pour des raisons logistiques, poursuivirent les fuyards dispersés en petites bandes dans les jours qui suivirent. Watie et ses hommes, qui avaient rejoints Cooper, se distinguèrent particulièrement dans ces actions.

Les forces d'Opothleyahola, complètement démoralisées et désorganisées atteignirent le Kansas ou elles durent passer I' hiver dans des conditions extrêmement précaires. 700 étaient tombés pendant la fuite, beaucoup allaient encore périr de froid et de faim…


La campaqne de Pea Ridge :


Après ces tragiques évènements, le territoire indien, aussi divisé que les "border states", allait connaître une certaine tranquillité, sa conquête n'entrant pas dans les objectifs immédiats de I'armée fédérale. Le jour de noël 1861, le brigadier général Samuel Ryan Curtis avait pris le commandement du district du Missouri du sud Quest. Il s'était donné pour but de chasser les confédérés du Missouri vers 1'Arkansas. Sa campagne de I'hiver 1861/62 réussit pleinement et les troupes du major général Sterling Price (Missouri state militia) se retrouvèrent au nord ouest de 1'Arkansas à la mi février. L'antagonisme existant entre Price et McCulloch favorisa largement les entreprises de Curtis, aussi le
gouvernement sudiste nomma t'il un troisième homme au commandement du district N°2 du Trans Mississippi nouvellement créé, le major général Earl Van Dorn. Celui ci devait se montrer capable d'unifier les forces rebelles de la région afin de repousser les fédéraux. Le 25 février, Van Dorn ordonna à Pike de rejoindre Price et McCulloch avec sa brigade indienne à Bentonville (Arkansas).

Pike avait bien des soucis à ce moment là avec ses diverses unités qui réclamaient leur solde afin de se mettre en marche. Beaucoup d'indiens n'étaient d'ailleurs pas d'accord pour quitter le territoire et se battre en Arkansas ce qui était contraire aux stipulations des traités. Pike venait de recevoir 500 000$ destinés aux tribus ( dont les Osages et les Comanches), il dut en prélever une partie pour payer la nation Cherokee et les troupes les plus mécontentes, comme le 1st Choctaw & Chickasaw. Finalement il rassembla ses forces, environ 1 000 hommes, et se mit en route pour rejoindre Van Dorn avec le régiment Drew, le regiment Watie, les séminoles de John Bumper et l'escadron de Texans du capitaine Welch La brigade Pike arriva sur le terrain au soir du 6 mars 1862. Un Missourien de Price vit passer les indiens: "Leurs visages étaient peints puisqu'ils étaient sur le "sentier de la guerre", Leurs longs cheveux noirs noués sur la nuque, Des chemises de peau, des leggins et des mocassins, des plumes de dinde sur la tête complétaient leur uniforme pas vraiment réglementaire. Ils présentaient une apparence sauvage, c'était pour la plupart des Cherokees, calmes et braves dans le danger, de parfaits spécimens des "nobles hommes rouges". Un Texan se rappelle qu'ils étaient tous peints "en conformité avec les effrayantes coutumes de leur peuple". Les blancs exagèrent peut être I'apparence des indiens de Pike mais il est évident que tous n'étaient pas "civilisés" ou vêtus comme les blancs (ceux la on les remarquait moins bien sur !). Beaucoup suivaient encore les anciennes coutumes vestimentaires, les peintures de guerre ou même la pratique de scalper l'ennemi vaincu !
Dans la journée du 6 mars, Van Dorn avait fait reculer un détachement des divisions du général Sigel à McKissick's farm près de Bentonville au cours d'une sévère escarmouche. L'armée sudiste comptait maintenant 16 000 hommes et plus de 60 canons contre 10 500 et 49 pièces pour celle de Curtis, solidement retranchée. La bataille de Pea Ridge s'engagea au matin du 7 mars, d'après un sergent du 3rd Louisiana, ce fut: " une totale confusion du début à la fin !" Pike n'avait pas été mis au courant du plan de Van Dorn, "suivez McCulloch" étaient ses seuls ordres. Les Cherokees se heurtèrent a
des éléments de la division du colonel Peter Osterhaus, les hommes de Drew et Watie chargèrent furieusement et emportèrent une batterie, mais ils perdirent toute cohésion et discipline et se mirent a pousser des cris de guerre en montant sur les pièces au lieu de poursuivre les fédéraux. Osterhaus rallia ses soldats et ouvrit le feu sur les indiens avec une autre batterie. Complètement paniqués, ceux ci s'enfuirent dans les bois se mettre à l'abri ! Plus à l'aise qu'en terrain découvert, les Cherokees se reformèrent et participèrent encore efficacement et avec vaillance aux combats de cette journée.

Dans l'apres midi, Pike se retrouva à la tête de l'aile droite confédérée après la mort des généraux McCulloch et McQueen Mclntosh (nommé brigadier général après son succès contre Opothleyahola) sans rien connaître des intentions de Van Dorn, des positions sudistes ou des forces ennemies. En désespoir de cause il décida de rejoindre le gros des troupes rebelles près d'Elkhorn tavern. La, il retrouva quelques éléments des 1st Creek et 1st Choctaw et Chickasaw dont la plupart des hommes avaient préféré rester dans le territoire indien plutôt que de venir se battre en Arkansas !

Le lendemain 8 mars, la brigade protégea le train d'approvisionnement sudiste. Van Dorn, finalement, perdit la bataille de Pea Ridge, largement par manque de munitions, le précieux convoi avait été envoyé au loin suite à des ordres contradictoires et les confédérés, après avoir vidés leurs gibernes et leurs caissons, ne purent que reculer en pleine confusion devant les assauts impétueux des fédéraux qui transformèrent la défaite en déroute. Séparées les unes des autres mais persuadées d'avoir fait leur devoir, les unités indiennes se regroupèrent à Cincinnati (Arkansas) avant de prendre le chemin du territoire.


Il est temps d'évoquer la controverse qui se développa après Pea Ridge sur le comportement des indiens. 30 ou 40 yankees furent tués dans l'affrontement qui vit la prise de la batterie par les Cherokees le 7. Au cours de l'échange de correspondance qui eut lieu entre Curtis et Van Dorn à propos de l'inhumation des tués, le général sudiste fut informé de la découverte de "nombreux corps de soldats fédéraux scalpés et mutilés" (on retrouva au moins 8 corps scalpés et d'autres avec la gorge tranchée en plus des blessures par balle selon le rapport de l'adjudant du 3rd Iowa cavalry-( official records vol VIII p.206/207), ce qui laisse à penser que certains blessés furent achevés. Van Dorn se montra "peiné" mais plaida la cause des indiens qui depuis des années "étaient considérés comme un peuple civilisé", Il fit remarquer à Curtis que certains sudistes saisis par des allemands auraient été assassinés par ces derniers et demanda que justice soit faite.

Notons que 11 indiens confédérés furent capturés à Pea Ridge. Exhibés comme preuve de la barbarie rebelle à chaque halte de la colonne des 7 ou 800 sudistes en route pour le nord, ils "tentèrent de s'échapper" (?!) et furent tous abattus un à un (Monaghan p249).
Lors de I'enquête officielle, Curtis confirma la présence de "sauvages indiens" à Pea Ridge faisant la guerre avec "toute la barbarie dont leur nature était capable". Bien sur, les journaux nordistes ne se privèrent pas d'exploiter ces atrocités et d'en rajouter, le Chicago tribune allant jusqu'à parler de 100 cadavres mutilés ! Pike fut personnellement mis en cause en des termes injurieux pour avoir incité ses hommes à ces excès. Drew et Watie se rejetèrent mutuellement la faute. Certains historiens pensent Que les "pur-sang" sont responsables, d'autres que tous les Cherokees sont à blâmer, d'autres, encore, que ce sont des Texans, qui participèrent à l'assaut, qui prirent des scalps, se basant d'ailleurs sur des témoignages de soldats de I'Union ! Comme d'habitude dans ce genre d'affaire il est bien difficile de faire la part des responsabilités. En tous cas, Pike (furieux car avec cette affaire, les rapports de Van Dorn ne mentionnaient même pas la bonne conduite générale de ses soldats !) réprimanda sévèrement ses hommes et leur interdit formellement de scalper, achever ou tuer des ennemis après leur reddition.

La première invasion :


Après la désastreuse défaite des confédérés à Pea Ridge, les unités indiennes regagnèrent donc le territoire et se séparèrent tandis que les forces de Van Dorn étaient appelées à I'est du Mississippi auprès de l'armée d' Albert S.Johnston. Van Dorn confisqua au passage tout I'approvisionnement destiné aux troupes indiennes pour le distribuer à ses troupes !

Le 26 avril 1862, le régiment Watie, stationné sur la frontière nord de la nation Cherokee livra, avec des troupes du Missouri, une dure escarmouche à Neosho (Missouri) contre le 1st Missouri cavalry US. Le 30 avril, le grand conseil Cherokee, visiblement traumatisé par I'affaire Pea Ridge, adoptait une résolution recommandant aux troupes de la nation "d'éviter tout acte envers des ennemis capturés ou tombés qui seraient incompatibles avec les principes régissant la guerre chez les nations civilisées"
Le 26 mai, Beauregard, alors commandant du département de l'ouest, nomma le major général Thomas C.Hindman en remplacement de Van Dorn, pour le Trans Mississippi. Le 31, une nouvelle escarmouche eut lieu à Neosho puis le 6 juin à Cow skin prairie (T.indien) entre des troupes fédérales de plus en plus agressives et les hommes de Watie. Etait ce le début d'une invasion du territoire par les yankees ? En fait, les troupes nordistes s'organisaient au Kansas sous la direction du brigadier général James G.Blunt, nommé commandant du département du Kansas en avril précédent par les intrigues de son ami, le sénateur abolitionniste James H.Lane. Ce dernier rêvait d'envahir le territoire depuis 1861. Blunt confia l'invasion au colonel William Weer, un autre jayhawker ami de Lane. Les troupes confédérées indiennes du territoire qui allaient devoir s'opposer à cette "army of the Frontier" servaient toujours sans solde, avec peu ou pas d'uniformes et de matériel et ne possédaient, pour la plupart, que des fusils de chasse et des poneys indiens. La confédération manquait décidément a ses engagements, beaucoup d'indiens le pensaient et craignaient fortement d'être envoyés à l'est du Mississippi comme les unités Texanes qui avaient servies à leurs cotés auparavant. Weer, au courant des problèmes chez ses ennemis, envoya des messagers dans le territoire pour prévenir tous les indiens pro-unionistes de son arrivée imminente, selon lui, le chef Ross se rangerait sans difficultés a
ses cotés...

Les fédéraux alignaient finalement 6 000 hommes : deux régiments d'infanterie 10th Kansas et 9th Wisconsin, quatre de cavalerie (2d, 6th et 9th Kansas, 2d Ohio), deux batteries d'artillerie ( 1st Kansas et 2nd Indiana) et les 1st and 2nd Kansas indian home guards regiments, formés des survivants de I'armée d'Opothleyahola et de diverses autres tribus indiennes et commandés par des officiers blancs. Décidément le nord se méfiait de ses alliés quelle que soit leur couleur puisque les unités noires seront constituées avec la même discrimination !

On imagine sans peine l'état d'esprit animant ces deux derniers régiments vis a vis des indiens pro-confédérés !!! Le 28 juin 1862, I'armee de Weer (suivit de 1500 refugiés, femmes et enfants) entrait dans la nation Cherokee, une brigade par le Kansas, une seconde par le Missouri. En face: les régiments Drew et Watie et un bataillon blanc commandé par le colonel Clarkson, seule réponse aux demandes de renforts formulées auprès de Hindman par les Cherokees. Au matin du 3 juillet, Weer lança, par surprise, une partie de ses forces sur les confédérés campés à Locust Grove. La troupe de Clarkson fut anéantie et lui même et ses hommes capturés, pour 3 morts et 6 blessés coté nordiste (Weer dira plus tard qu'il avait éprouvé de grandes difficultés pour empêcher ses indiens d'exterminer les prisonniers !). Non loin de la, au même moment, le 6th Kansas cavalry dispersait le régiment Watie à Watie's mills. A Cabin Creek ou ils établirent leur campement, les fédéraux fêtèrent le 4 juillet. Virtuellement, la nation Cherokee était conquise. Dans les jours qui suivirent, près de 2 000 Cherokees passèrent du coté du nord, le régiment Drew cessa d'exister (quelques uns de ses membres rejoignirent d'autres unités rebelles). On forma un 3rd Kansas indian home guard avec ces nouvelles recrues. Dans le même temps, des centaines d'esclaves fuyaient les plantations dont beaucoup furent pillées et incendiées par les indiens pro-unionistes, de nombreux crimes furent commis contre les familles des Cherokees confédérés qui durent fuir.

Le 14 juillet, les yankees entraient sans coup férir à Fort Gibson et Tahlequah. Le 15, le capitaine Greeno rencontra Ross à Park Hill, ce dernier et sa suite, entourés des restes du régiment Drew, 2 a 300 hommes. Tout le monde fut arrêté mais rapidement libéré sur parole. Greeno exposa clairement la situation militaire du moment aux Cherokees (Capture de Fort Donelson, de la Nouvelle Orleans, bataille de Shiloh...) et les convainquit sans peine de se ranger sous la bannière de I'Union, le chef Ross compris le message.
Pourtant, malgré l'absence d'opposition, les forces nordistes commençaient maintenant à éprouver des difficultés. Pas une goutte de pluie n'était tombée depuis le début de l'invasion, on manquait d'approvisionnement, et beaucoup d'hommes des régiments blancs souhaitaient rentrer au Kansas...Exaspéré par les hésitations de son chef et lui reprochant son autoritarisme et son alcoolisme invétéré, effrayé par les rumeurs (fausses) que les confédérés puissent couper l'armée de ses bases, le colonel Frederick Salomon (un allemand du 9th Wisconsin) mit aux arrêts le colonel Weer le 18 juillet.

Salomon prit le commandement et ordonna le repli immédiat de ses troupes blanches vers le Kansas. Les unités indiennes de la brigade du colonel Robert W.Furnas conserveraient ce qu'elles pourraient du territoire conquis. En fait, les trois régiments devront également se replier en enregistrant de très nombreuses désertions à leur tour. L'exode des réfugiés à peine rentrés chez eux recommençait, augmenté des familIes des récents transfuges passés au nord dont certains laissèrent définitivement tout "tomber" et rentrèrent chez eux ! Le chef Ross et sa famille, avec le trésor Cherokee et ses archives, gagnèrent le Kansas. A nouveau, meurtres, pillages et destructions se déchaînèrent sur le pays. Quelques escarmouches opposèrent encore confédérés et yankees, mais rien de sérieux si ce n'est la bataille de Bayou Menard le 27 juillet qui couta 125 hommes à Watie et un seul aux indiens unionistes du 1st rgt ! Salomon, nommé brigadier général, désobéit aux ordres de Blunt lui enjoignant de tenir la nation Cherokee et poursuivit sa retraite en se désintéressant totalement du sort des indiens, y compris de ceux qui composaient la brigade unioniste. Au début d'aout, l'armée yankee avait entièrement évacué le territoire. La nation Cherokee fut livrée à l'anarchie la plus totale, "oh Seigneur envoie nous la délivrance, aide nous, oh Seigneur pour notre salut !" écrivit à cette époque Hannah Worcester Hicks, fille d'un missionnaire à Park Hill, après le meurtre de son mari et l'incendie de sa maison...


Dernière édition par paddy le Dim 19 Fév - 14:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: les 5 nations civilisées et la guerre de sécession   Dim 19 Fév - 14:28




La seconde invasion :


Le retrait fédéral laissa le territoire indien à nouveau sous le contrôle total des forces sudistes. Tandis que les sécessionnistes Cherokees déposaient Ross et le remplaçaient par Stand Watie à la tête de leur nation, une nouvelle vague de réfugiés indiens, plus de 2 000, gagnait le Kansas. Le général Blunt n'abandonnait pas son projet de conquête, il regroupait ses forces et préparait une nouvelle invasion.

Comme si rien ne s'était passé, Salomon et Weer prirent chacun le commandement d'une brigade dans son armée. Blunt autorisa le chef Ross à se rendre à Washington rencontrer le président Lincoln. Jusqu'à sa mort en 1866, Ross protestera de sa fidélité à l'Union, seul l'abandon de 1861 l'avait contraint à signer une alliance avec la confédération...
L 'offensive de Blunt fut retardée par les activités des guérillas infestant le Missouri, le commandant local, le brigadier général Schofield, lui ayant demandé son aide. Les confédérés finalement reconduits en Arkansas, Blunt pu reprendre ses préparatifs.
Le 16 juillet précédent, Jefferson Davis avait nommé le major général Théophilus H.Holmes chef du nouveau département du Trans Mississippi (du fleuve à l'Arizona), le plaçant au dessus de Hindman, peu apprecié. Comme Van Dorn, Hindman se moquait bien du territoire indien et de ses habitants, l'interception des convois destinés au territoire était d'ailleurs devenue une habitude. Dégoûté, Pike finit par démissionner, impuissant à aider ou protéger ses amis indiens, et retourna à la vie civile. C'est Cooper qui prit son commandement. II rejoignit l'armée de Hindman au nord ouest de l'Arkansas avec environ 2000 hommes : les Choctaws et Chickasaws, 200 Texans et le régiment Watie.

Avant d'entamer son action, Blunt envoya les brigades Salomon et Weer tâter les sudistes. Le choc eut lieu le 30 septembre à Newtonia (Arkansas) simple escarmouche ou les Missouriens de Shelby et les indiens obligèrent les fédéraux de Salomon à reculer. Le 1st Choctaw/Chickasaw du lieutenant colonel Tandy Walker s'étant particulièrement distingué dans cette action.
A St Louis, depuis le 19 septembre, c'est le général Curtis qui coiffait à présent Schofield et Blunt. Ce dernier fut encore forcé de différer sa campagne pour seconder Schofield au Missouri. Le 4 octobre, lors de la seconde bataille de Newtonia, les nordistes mirent en déroute les forces rebelles du général James S.Rains (remplaçant Hindman). Pressés par leurs ennemis, les confédérés se séparèrent en deux. Cooper et ses indiens regagnant le territoire. Blunt les poursuivit et le 22 octobre les surprit totalement à Old Fort Wayne, juste sur la frontière. II leur prit leur artillerie et les chassa au sud de la rivière Arkansas, découragés, beaucoup d'indiens désertèrent encore. Watie tenta un raid sur Fort Scott (Kansas) le mois suivant, mais le colonel Phillips, détaché par Blunt, l'obligea à y renoncer.

A Fort Smith, Hindman qui avait relevé Rains (pour alcoolisme !), entreprit de regrouper ses forces. Coté nordiste, Schofield prit ses quartiers d'hiver près de Springfield (Missouri) laissant Blunt et sa division dangereusement exposés en Arkansas. Hindman et ses soldats reçurent l'ordre de rejoindre Vicksburg, mais le général sudiste obtint la permission de se débarrasser d'abord de Blunt et de Schofield, chose possible d'après lui !
Hélas pour les rebelles, et malgré la vaillance de Marmaduke et Shelby, la bataille de Cane hill, livrée le 28 novembre en Arkansas, fut une défaite pour les confédérés obligés de céder le terrain. Le 3rd indian home guard régiment du colonel Phillips (US) se distinguant au cours de cette action.
Le 7 décembre suivant, Hindman et Blunt se heurtèrent encore à Prairie Grove, les sudistes durent se replier à nouveau après une bataille meurtrière et indécise, mais leurs forces, épuisées se désintégrèrent littéralement lors de la retraite. Pour comble de malheur, le 28 décembre, les fédéraux s'emparaient du camp sudiste avec tous ses approvisionnements !


Pendant ce temps, le colonel Phillips avec 1 200 indiens unionistes, une section d'artillerie et quelques troupes du Kansas, était entré dans le territoire indien le 22 décembre. Watie et les siens furent forcés à la retraite à Fort Davis le 27, au cours d'une brève escarmouche. Les indiens confédérés se retirèrent vers la frontière du Texas. A nouveau, les demeures et les champs des partisans du sud, brûlèrent. Finalement Phillips fit demi tour et rejoignit Blunt. La défaite de Prairie Grove avait donné aux fédéraux le contrôle définitif du nord ouest de l' Arkansas et de la partie du territoire indien située au nord de la rivière Arkansas. Plus jamais les sudistes ne seront en mesure de les reconquérir. Washington et Richmond, ayant bien d'autres "chats à fouetter", vont se désintéresser de la région, mais la guerre va s'y poursuivre en une série de raids, contre-raids et escarmouches, terreur, haine, meurtres et pillages...

L'hiver 1862/63 se passe ainsi en rencontres entre détachements indiens ennemis, en lutte contre les guérillas et autres bushwackers. Les nations Cherokees et Creeks, largement dévastées, sont laissées à elles-même et deviennent le territoire de prédilection de bandes de hors la lai qui volent, pillent et violent, aussi bien les partisans du nord que ceux du sud ! Les unionistes Cherokees (Cooper et Watie étant loin au sud) tentent bien de restaurer un semblant d'ordre. Lors d'un conseil national, ils dénoncent le traité signé avec la confédération, affirment leur allégeance à l'Union, abolissent I'esclavage et mettent Watie et les siens hors la loi ( en confisquant leurs propriétés au passage !)


Le colonel William A Phillips, un temps commandant du 3rd Indian Home guard rgt (US). Phillips, un Ecossais, était arrivé au Kansas en 1855 comme correspondant du New York Tribune, le journal du fameux abolitionniste Horace Greeley.




1863:



Après la campagne de I'hiver précédent, Blunt avait promis aux réfugiés indiens qu'ils rentreraient chez eux au printemps suivant. C'est au colonel Phillips et à sa brigade de 3 000 hommes (largement. indiens) que Blunt va confier cette mission. Phillips occupe Fort Gibson le 13 avril. Les réfugiés Cherokees regagnent ce qui reste de leurs demeures, quand aux Creeks et Séminoles ils devront encore attendre la "libération" de leurs terres toujours sous domination sudiste.


En juin 1863, la situation de Phillips se détériore. Cooper, promu brigadier général et à la tête de 5 000 hommes (indiens et renforts texans) se fait menaçant, tandis que les lignes d'approvisionnements fédérales à travers I' Arkansas sont mises en danger. Blunt détache le 1st Kansas colored infantry, nouvellement formé à partir de noirs libres et d'anciens esclaves de la région, le 2d Colorado infantry et une section d'artillerie pour renforcer Fort Gibson.

Le 1er juillet, un convoi d'approvisionnement de 300 chariots destiné a Phillips est intercepté par 2 000 Texans et indiens confédérés conduits par le colonel Watie à Cabin Creek. Les renforts sudistes du general Cabell ne purent se joindre à Watie à cause de rivières en crue et les nordistes repoussant l'attaque, parvinrent au fort. Blunt lui même y arriva la semaine suivante et décida d'attaquer Cooper avant que celui ci ne fasse sa jonction avec Cabell et ses gars de I' Arkansas. Le 7 juillet avec 3 000 hommes, Blunt défait les 5 000 sudistes à Honey Springs (Elk Creek), ses douze canons firent la différence face aux quatre howitzers de Cooper au cours de la plus grande bataille livrée sur le territoire. Au prix de 60 tués, blessés et capturés, Blunt s'empara du train et de I'artillerie de Cooper et lui mit plusieurs centaines d'hommes hors de combat. De retour à Fort Gibson, Blunt fut encore renforcé par les 5 000 soldats du colonel Cloud le 22 aout. Il poursuivit les confédérés de Cooper en retraite jusqu'au pays Choctaw, puis ceux de Cabell en Arkansas. La capitale de I'état, Little Rock, tomba entre les mains des fédéraux. Mais Blunt ne savoura pas longtemps son triomphe. Totalement déconsidéré en octobre après le massacre de son escorte à Baxter Springs par Quantrill et ses guérillas, Schofield (qui a remplacé Curtis à la tête du département du Missouri) le relève de son commandement et le remplace par le général McNeil.


De son coté, Stand Watie tente d'attirer l'attention du gouvernement confédéré sur la situation épouvantable du territoire et des indiens pro-sudistes. Un officier de sa brigade écrit à sa femme en septembre 1863: "Sur nos 5 000 hommes, 1 000 sont sans arme, sans chaussures ou vêtements de rechange". Watie parvient à obtenir quelques subsides et la promesse de renforts du général Kirby Smith (successeur de Holmes au Trans Mississippi) qui lui affirme son admiration pour le courage de ses hommes et leur loyauté, chose rare dans les parages... Tandis que près de 18 000 civils Creeks et Cherokees pro-confédérés fuient vers le Texas, les fédéraux sont eux encombrés de réfugiés de 1'Arkansas, ravagé par la guérilla.

Les forces sudistes ne bougent guère, seul Watie se montre agressif en lançant une série de raids autour de Fort Gibson en octobre et novembre. Au cours de l'un de ces raids, Watie entre à Tahlequah, "liquide" quelques Cherokees unionistes et brûle la demeure de Ross à Park Hill. En décembre, il pénètre au Missouri mais les fédéraux le rejettent vers le sud. Comme on l'a déjà vu, la guerre civile dans cette partie des Etats Unis est particulièrement sauvage. Ainsi, au cours des diverses escarmouches, raids et actions diverses, de nombreux prisonniers sont abattus par les deux camps.
Le 11 décembre 1863, les sudistes remplacent le général William Steele à la tête du territoire indien par Samuel B Maxey, un homme qui comme Pike, apprécie les indiens et se préoccupe de leur sort. II va tenter de réorganiser une force digne de ce nom dans le territoire, mais le colonel Phillips lance une offensive sur la nation Choctaw pour briser sa résistance. Phillips doit rebrousser chemin, non sans avoir tué 250 indiens confédérés et dévasté le pays. Watie poursuit ses raids en Arkansas et livre quelques combats, (18 décembre à Barren forks) avant de rentrer dans la nation Creek le 26 décembre.


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paddy



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MessageSujet: Re: les 5 nations civilisées et la guerre de sécession   Dim 19 Fév - 14:39

1864/1865 :

Au début de 1 864, Stand Watie est plus actif que jamais et perturbe sérieusement les communications fédérales. 5 000 réfugiés supplémentaires viennent encore s'agglutiner autour de Fort Gibson et compliquer la logistique des nordistes.
En mars, Maxey envoie en Arkansas, les Texans de Gano et une brigade de deux régiments Choctaws, conduite par le colonel Tandy Walker, afin de s'opposer à la progression des troupes du général Frederick Steele qui doit rejoindre Banks pour sa campagne de la Red River en Louisiane. Le train fédéral est capturé lors de la bataille de Poison Springs (Arkansas) le 18 avril et les confédérés poursuivent I'armée Steele en retraite après l'échec de Banks. Au cours de l'affrontement, 180 soldats noirs du 1 st Kansas colored, qui s'étaient distingués dans le pillage des terres Choctaws et le massacre des civils, furent tués pendant et après le combat ou achevés par les indiens (mais aussi les Texans). On retrouva dans leurs sacs de nombreux objets volés dont beaucoup de vêtements de femmes et d'enfants...

Le 10 mai 1864, Stand Watie est promu brigadier général par le president Davis (d'autres officiers Cherokees reçurent également du galon). Le conseil de la nation prit bientôt des mesures pour appliquer la conscription aux hommes de 17 à 50 ans afin d'organiser enfin la brigade que Watie était autorisé à lever depuis l'année précédente.
Le 15 juin, Watie accrut sa réputation par la prise du vapeur " J.R. Williams" qui transportait pour 100 000$ de matériel et vivres (dont un important stock d'uniformes dont les indiens confédérés manquèrent toujours). De nombreux Cherokees quittèrent les rangs pour aller ravitailler leurs familIes et Watie dut détruire le steamer et tout ce qu'il ne pouvait emporter. Après une brève escarmouche, les indiens regagnèrent leur base.
Le 31 juillet , les confédérés de Cooper, Gano et Watie bien sûr, tentèrent d'enlever Fort Smith mais durent renoncer face à la résistance du 6th Kansas cavalry. Le 24 aout, l'indomptable général Cherokee attaquait encore un campement fédéral à Gunter's prairie et prenait 150 chevaux et mules.

En septembre, un énorme convoi fut signalé se dirigeant vers Fort Gibson. Avec 2 000 hommes, dont sa nouvelle brigade de 800 Cherokees, Creeks et Seminoles, et 6 canons, Watie décida de le capturer. Ce qui fut fait le 19 à Cabin Creek. Les sudistes s'emparèrent de 250 chariots transportant pour près de 1 500 000$ en matériel de toutes sortes, de nombreux chevaux et mules et firent 140 prisonniers (les confédérés furent, plus tard, accusés d'avoir à cette occasion massacrés des indiens unionistes prisonniers). Les yankees tentèrent une action contre Watie mais celui ci les retint suffisamment longtemps à Pryor's creek pour permettre au convoi de prendre le large. La retraite fut un peu difficile car les sudistes avaient trouvé un stock d'alcool dans les chariots et le consommèrent de suite !

Après ces exploits, Watie fut plus que jamais, la hantise de tous les officiers fédéraux de la région qui le voyaient partout à la fois et utilisèrent des forces considérables dans la protection du moindre convoi !!!
Un grand raid que projetait Stand Watie au Kansas depuis longtemps ne vit jamais le jour car les officiels confédérés se montrèrent peu confiants dans les talents militaires des indiens. A la fin de 1864, la désastreuse campagne du général Price au Missouri (bataille de Westport) mettait pratiquement un terme à toute action dans le Trans-Mississippi. Watie et d'autres groupes continuèrent leur guérilla dans la vallée de la riviere Arkansas en attendant une éventuelle réorganisation des forces indiennes, Watie devant remplacer Cooper qui ne commanderait plus que les Choctaws et les Chickasaws.
En avril 1865, Lee se rendait a Grant, le 26 mai, le général Buckner, agissant pour Kirby Smith, signait la capitulation du Trans-Mississippi. Cooper fit la reddition des troupes banches du territoire indien au début juin, Les Choctaws signèrent le 19 juin, Les Chickasaws le 14 juillet. Watie et les siens, (Cherokees, Creeks, Séminoles et Osages, hommes, femmes et enfants) regroupés le long de la frontière du Texas et sans aucun espoir de pouvoir poursuivre la lutte, se rendirent à leur tour le 23 juin à Doaksville, capitale de la nation Choctaw. Désespéré, Stand Watie était le dernier général confédéré à déposer les armes.

En 1865, les cinq nations, exsangues, sont ruinées, tout ce qui avait été construit après le déplacement des années 1830 est détruit. (En 1863, on estime que le tiers des femmes Cherokees unionistes adultes était veuve et le quart des enfants orphelins. Situation similaire coté confédéré. De 21 000 en 1860, les Cherokees ne sont plus que 13 566 en 1867).
Tout est à reconstruire, la société, l'économie et les institutions politiques. Le 13 juillet 1865, le conseil Cherokee (unioniste) proclame I'amnistie pour tous ceux qui ont portés les armes contre les Etats Unis. Une grande conférence a lieu à Fort Smith le 8 septembre avec des délégues des USA (dont le général Ely Parker, indien Sénéca et secrétaire de Grant), et des indiens unionistes et confédérés (avec Watie et Elias Boudinot). Les Cherokees sont traités comme une seule nation qui, s'étant alliée aux rebelles, a perdu tous ses droits face aux USA: annuités, terres et protection. Les Etats Unis imposent I'abolition de I'esclavage sans compensation, une cession d'une partie des terres, le droit de pénétration du chemin de fer, la possibilité d'installer d'autres peuples indiens sur les terres Cherokees, le droit d'y établir des postes militaires. Les Cherokees ex-confédérés refusent de signer, mais peu importe ...
Les cinq nations civilisées ne se relèveront jamais de la guerre civile. Quelques temps plus tard, I'expansion blanche ne fera qu'une bouchée du territoire et le rêve d'un véritable état indien au sein des USA ne sera plus qu'un souvenir !

Patrick Ailliot CCFF

Sources :
« Beetween two fires, american indians in the CW » L M Hauptman
« Stand Watie Gl Confédéré de race indienne », J J Need in « Journal of the West » repris par la CHAB (Confederate historical association of Belgium in CHAB News
« Confederate government relations with the 5 civilized tribes »O Morton, Chronicles of Oklahoma
« Delegates to the 5 civilized tribes to the confederate congress » T P Wilson (idem ci-dessus)
« The Confederate Cherokees » W C Gaines
« The CW in the western territories » Ray C Colton
« The western territories in the CW » Leroy B Fisher
« CW on the western border » James Monaghan
« The CW in the american west » Alvin M Joseph Jr
« Confederate cavalry west of the river » S B Oates
« units of the CS army » J Crute jr
« American military equipage vol 1 » F P Todd
« CW battles in the west » L H Fiher
« The american frontier 1800/99 » W C Davis



le capitaine Henry Brewer
CO C 1st Cherokee Mounted rifles (Watie rgt)
le colonel Daniel Newman McIntosh , 1st Creek mounted vol.


Saladin Watie , fils ainé de Stand Watie

le capitaine Samuel H Gunter, 1st Cherokee Mounted rifles (Watie rgt)

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MessageSujet: Re: les 5 nations civilisées et la guerre de sécession   Dim 19 Fév - 14:42



Drapeau présumé du 1st Cherokee mounted rifles capturé à Locust Grove le 3 juillet 1862. Du type « stars and bars » (premier drapeau national confédéré ) Il porte les 11 étoiles des états de la Confédération plus cinq étoiles rouges pour les cinq nations civilisées, la plus importante représentant les Cherokees .



Unités indiennes levées dans le territoire entre 1861 et 1865


Etats confédérés d' Amérique:

-1st Cherokee Mounted rifles ou Watie's rgt ou 2nd CMR (formé en 1861) Colonel Stand Watie, se rend le 23 juin 1865

-1st Cherokee Mounted rifles ou Drew's rgt ou 2nd CMR, Colonel Drew, formé en 61, dispersé en aout 1862, passe largement au nord.

-2nd Cherokee Mounted rifles (formé en 1863 à partir du 1st Cherokee partisans rangers et d'éléments du rgt Watie), Colonel W.P.Adair, se rend le 23 juin 1865

-1st Cherokee partisans rangers, Major Bryan, formé en 1862, versé au 2nd rgt Cherokee Mounted rifles en 63.

-1st Cherokee cavalry batallion, réorganisé en 1863, major J.M Bryan, se rend le 23 juin 1865

-Faye's Scale's Cherokee Cavalry batallion, organisé à l'été 1864, Majors Moses C Faye et Joseph A Scales, se rend le 23/6/65

-1st Chickasaw cavalry regiment, (ou Hunter's rgt indian vol.) formé en 1863, dispersé fin 1864, Colonel William L.Hunter

-1st Chickasaw cavalry batallion, organisé fin 1862 avec 5 cos, Lt Col. J.D.Harris, devient le Shecoe's Chickasaw Bn Mounted vol. en 1864 (Lt Col Martin Shecoe), se rend le 23/6/65

-1st Choctaw and Chickasaw mounted rifles, formé en 1861, colonel D.H.Cooper, se rend le 23/6/65

-2nd rgt Choctaws and Chickasaws mounted rifles, colonel Randy Walker

-1st Choctaw cavalry batallion , major J. W .Pierce (Mc Curtain), devient 3rd Choctaw cav.rgt fin 1863

-1st Choctaw cavalry rgt, formé au printemps 62, Colonel Sampson Folsom, se rend le 23/6/65

-2nd Choctaw cavalry rgt (ou 1st Choctaw cavalry war rgt), formé à l'été 62, Colonel Sompson N.Folsom, se rend le 23/6/65

-3rd Choctaw cavalry rgt, formé fin 63 avec le 1st Choctaw cavalry batallion (McCurtain), Colonel Jackson McCurtain, se rend le 23/6/65

-1st Creek cavalry batallion, formé en 1861, col. Chilly Mclntosh, devient 2nd Creek mounted vol. rgt en 1862

-1st Creek mounted vol. rgt (ou infantry rgt), formé en aout 61, Colonel D.N.Mclntosh, se rend le 23/6/65

-2nd Creek mounted vol. rgt (ou infantry rgt), formé en 62, colonels Timothy Barnett, Chilly Mclntosh, se rend le 23/6/65

-1st Seminole Cavalry batallion, formé en septembre 61, devient 1st Seminole mounted vol. rgt en 64. Lt Col John Jumper

-1st Seminole mounted vol. rgt, formé en 64 (voir ci dessus), se rend le 23/6/65

-Osage cavalry batallion, organisé en 1863 avec 4 cos, major Broke Arm, se rend le 23/6/65

A l'exception de Cooper et Pike, les commandants d'unité furent tous d'origine Indienne.
On estime à 12600 le nombre d'hommes levés dans le territoire indien pour la confédération entre 1861 et 1865 (4200 Cherokees, 4 250 Choctaws, 2 050 Chickasaws, 1 700 Creeks et 800 Osages et Seminoles). Notons qu'au moins 1 000 ou 1 500 de ces indiens passèrent du coté de L'Union pendant la guerre.



Etats Unis d'Amérique:

-1st Indian home guard mounted rgt ( 1862/65) Creeks et Seminoles d'Opothleyahola

-2nd Indian home guard mounted rgt (1862/65) Delawares, Quapaws, Caddos, Shawnees, Kansas, Osages, Kickapoos, Cherokees...

-3rd Indian home guard mounted rgt (1862/65) Cherokees de l'ex regiment Drew

Soit environ 3 530 hommes fournis par les nations indiennes à l'Union, (dont 2 000 Cherokees). Sur ce total, 1 018 y laissèrent la vie, soit 28,8%.
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MessageSujet: Re: les 5 nations civilisées et la guerre de sécession   Mar 21 Fév - 7:54

Remarquable exposé Paddy.



Swearing in Native Troops


Cavalry Soldier of the Indian Home Guard


Native American Mounted Rifleman 1861-65

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
"Always get the water for the coffee upstream from the herd"


Dernière édition par J.B.Books le Mar 21 Fév - 10:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: les 5 nations civilisées et la guerre de sécession   Mar 21 Fév - 8:06

Il y a du boulot derrière tout çà, respect !

Bon bin moi je retourne dans mes bouquins, la connaissance s'acquiert par la lecture (entre autre !)
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MessageSujet: Re: les 5 nations civilisées et la guerre de sécession   Aujourd'hui à 6:55

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