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 William Quantrill

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MessageSujet: William Quantrill   Jeu 19 Jan - 10:23

William Clarke Quantrill (31 juillet 1837-6 juin 1865), hors-la-loi américain, a été le chef de la plus sanglante unité de combat de la Guerre de Sécession. Il est responsable du massacre de Lawrence, au Kansas, l'une des plus effroyables tueries de cette guerre concernant les victimes civiles.]

Origines

Né à Dover dans l'Ohio, en 1837, William Quantrill est le fils de Thomas Henry Quantrill et de Caroline Clark. Son père étant maître d'école, cela lui permet d'obtenir une certaine culture qui lui permet de devenir professeur à la fin de son adolescence. Il enseigne d'abord à Dover, puis en Illinois et en Indiana, avant de s'installer en Utah en 1858. C'est là qu'il apprend le métier de joueur professionnel, beaucoup plus lucratif pour lui que celui d'enseignant.

En 1859, il déménage à Lawrence au Kansas, où il exerce tour à tour les métiers de maître d'école, de joueur professionnel puis de cuisinier pour une compagnie de chemin de fer. Son habileté aux armes et son caractère rebelle en font vite un délinquant. Au printemps 1861, il doit se réfugier au Missouri car il est poursuivi pour meurtre et vol de chevaux.




Le guérillero


En avril 1861 débute la guerre de Sécession. Quantrill se joint d'abord à l'armée confédérée et participe à quelques combats, mais son aversion pour la discipline militaire et son esprit d'indépendance lui fait vite abandonner cette carrière.

Il se joint à une bande de partisans esclavagistes sans scrupules, s'impose à eux comme chef et les emmène vers le nord, vers le comté de Jackson au Missouri. Ce sont les débuts des méfaits du gang Quantrill, qui sèmera la terreur dans la région pendant le restant de la guerre civile. Son terrain de prédilection est le Kansas voisin, État abolitionniste où les frictions à la frontière sont fréquentes depuis la loi Kansas-Nebraska de 1854.

Au cours des mois qui suivent, le gang Quantrill recrute une petite armée de tueurs psychopathes. L'un de ses officiers, William Anderson, dit Bloody Bill, adore attacher les scalps de ses victimes sur sa selle. Quantrill engage également d'autres fermiers du Missouri appelés à devenir célèbres après la guerre : Frank James, Jesse James, Cole Younger, etc.

En avril 1862, la renommée du gang Quantrill est devenue tellement fameuse que le général James Totten, commandant nordiste du Missouri, promulgue l'Ordre n° 47, les déclarant officiellement hors-la-loi.

Le massacre de Lawrence

Thomas Ewing, commandant des forces de l'Union au Kansas, est décidé à faire cesser les raids du gang Quantrill dans l'État. À Kansas City, il fait arrêter les épouses et les sœurs de plusieurs hommes de la bande, lesquelles étaient soupçonnées de les aider et de les approvisionner. Le 14 août 1863, le bâtiment où elles sont détenues s'effondre, faisant cinq mortes.

Quantrill, décidé à se venger, rassemble 450 hommes qu'il dirige vers Lawrence, ville qu'il déteste car on a voulu l'y pendre en 1861. Parmi ces hors-la-loi, se trouvent Frank James, Cole Younger et Jim Younger. Dans la nuit du 20 au 21 août, ils pénètrent dans la cité, tuant de sang-froid 142 hommes et brûlant 185 bâtiments, avant de retourner triomphalement vers le Missouri.

En venant à Lawrence, Quantrill avait établi une liste de personnes à abattre. Toutes le furent à l'exception du sénateur Jim Lane qui, à la tête d'une bande de guérilléros unionistes, avait effectué quelques raids dévastateurs au Missouri. Lane entendit les chevaux à temps et se cacha dans un champ de maïs en chemise de nuit jusqu'à ce que les troupes de Quantrill s'en aillent.

À la suite de ce massacre, le général Ewing émet l'Ordre n° 11, faisant évacuer les civils des quatre comtés du Missouri bordant le Kansas. Dix mille personnes sont alors chassées de leurs terres, faisant pour longtemps un désert de ce territoire.

La traque

Traquée au Kansas et au Missouri, la bande de Quantrill se réfugie au Texas où, le 25 décembre, elle met la petite ville de Sherman à feu et à sang. Le Texas est pourtant esclavagiste mais cela n'a pas arrêté Quantrill qui, désormais, ne connaît plus de limites. Bill Anderson conteste son autorité et retourne vers le Missouri avec cinquante hommes, dont Frank James et les frères Younger.

En mars 1864, le général Henry MacCulloch parvient à capturer Quantrill mais celui-ci profite d'un moment d'inattention de ses geôliers pour leur fausser compagnie. Poursuivi, il est sauvé par l'arrivée de sa bande, commandée par son nouveau second, George Todd. Lui-aussi se met bientôt à contester son autorité, se séparant de lui en emmenant une bonne partie de son gang. Quand il repart pour le Missouri, Quantrill n'a plus avec lui qu'une douzaine d'hommes.

Au début de 1865, Quantrill et ses hommes se dirigent à petites étapes vers l'est avec peut-être l'intention d'assassiner Abraham Lincoln. En avril, ils sont au Kentucky, réfugiés chez le juge Jonathan Davis, où ils apprennent la mort de Lincoln. Le 10 mai, ils sont surpris dans une ferme, à une cinquantaine de kilomètres de Louisville. La plupart d'entre eux réussit à fuir mais Quantrill, blessé d'une balle à la colonne vertébrale, est fait prisonnier. Paralysé, il est emprisonné à Louisville où il meurt le 6 juin 1865.

Quantrill avait une maîtresse, Kate King, à qui il laissa une bonne partie de sa fortune acquise illégalement. Celle-ci profita de cet héritage pour ouvrir une maison close, devenant ainsi une des personnalités les plus notoires des quartiers mal famés de
Saint Louis, Missouri.
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MessageSujet: Re: William Quantrill   Jeu 19 Jan - 11:42

Good Job Kentucky !

Missouri Raider, Captain William Clarke Quantrill





Quantrill's Flag






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paddy

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MessageSujet: Re: William Quantrill   Ven 27 Jan - 13:21

ah, la photo au dessus du quantrill's flag ne représente pas Quantrill mais John Singleton Mosby fameux chef de partisans confédérés qui opérait en Virginie (dans la Shenandoah) et avec des méthodes bien différentes de celles de Quantrill !

le drapeau ci dessus n'est probablement pas un drapeau au sens ou nous l'entendons comme l'indique ce site de la kansas historical society : http://www.kshs.org/p/cool-things-quantrill-s-flag/10154

il semble admis que Quantrill et ses gars ne s'embarassaient pas de drapeau...
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paddy

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MessageSujet: Re: William Quantrill   Ven 27 Jan - 13:29

un article que j'ai écrit il y a des années sur Quantrill ...


WIILLIAM CLARKE QUANTRILL et le raid de Lawrence




Une étonnante popularité

Simple « incident » de la guerre de sécession, le raid effectué par les guérillas sudistes de William Clarke Quantrill sur la petite ville de Lawrence (Kansas) le 21 aout 1863, est pourtant plus connu du public que tous les exploits de Mosby, Forrest et Morgan réunit ! Le cinéma en porte certainement la plus grande responsabilité. On ne compte plus les « westerns » évoquant plus ou moins la carrière de Quantrill et ses acolytes et plusieurs films ont prétendu « reconstituer » le fameux raid avec plus ou moins de bonheur et généralement le moins d'authenticité possible . Toutefois, le récent « La chevauchée avec le diable » est beaucoup mieux inspiré et semble enfin donner une vision plausible des hommes et des faits…
Mais qu'en est-il exactement ? Comment s'est réellement déroulée l'attaque de Lawrence ? s'agit -il d'un acte de brigandage gratuit ? D'une vengeance ? D'un crime de guerre ou d'une brillante opération militaire ?


Bushwackers et Jayhawkers


Depuis 1856, une guerre larvée se déroule sur la frontière du Kansas et du Missouri ou partisans et adversaires de l'esclavage, sudistes et nordistes, se déchirent. L'enjeu est avant tout d'apporter un nouvel état à l'un des deux blocs et ainsi accroître sa puissance politique (le Kansas rejoindra l'Union en 1861) . Dès le déclenchement des hostilités « officielles » les rancoeurs et les haines accumulées vont s'exprimer librement et cette région des Etats-Unis va connaître une guerre qui mérite bien le nom de « civile » . Les règles qui régissent les conflits « civilisés » ne vont guère s'y appliquer. Les deux camps vont recruter de nombreux partisans dont beaucoup préféreront se battre chez eux contre leurs voisins et ennemis d'hier. Certains profiteront de la situation pour mener une guerre personnelle dont les mobiles n'ont plus rien à voir avec un éventuel patriotisme mais vont du désir de vengeance à la passion pour le vol et le meurtre.

Il va être très difficle de distinguer les uns et les autres dans la lutte qui va se dérouler dans cette région, lutte faites de coups de mains, de pillages et d'assassinats bien plus que de batailles rangées.
Difficile de dire qui est un brigand et qui, un patriote (un patriote pour les uns est un brigand pour les autres !) L'Editeur du « True republican and sentinel de Sycamore » (Illinois), C.M Chase, de passage sur la frontière au cours de l'été 1863, semble avoir assez bien résumé la situation en décrivant les divers groupes en présence : « Un Jayhawker est un unioniste qui vole, incendie et assassine seulement les rebelles en armes contre le gouvernement. Un Redleg (du nom d'un groupe d'éclaireurs portant des leggings de cuir fauve et organisé par le général US Blunt) est un Jayhawker en uniforme, il est considéré comme un voleur et un meurtrier pur et simple, pire encore que le Jayhawker ou le Bushwacker, car il attaque indistinctement amis et ennemis. Un Bushwacker est un Jayhawker rebelle regroupé en bande qui s'attaque aux propriétés et aux existences des unionistes. Tous sont sans foi ni loi…ils ont instauré un système de banditisme de grand chemin supérieur à tout ce qui a déjà pu existé dans aucun pays … »

Coté nordiste les bande de Jayhawkers d'avant guerre, menées par Jim Lane, Charles « doc » Jennison ou James Montgomery, deviennent des soldats « réguliers » de l'Union (3rd, 4th, 5th et 7th Kansas cavalry) . Elles n'en restent pas moins composées de pillards et de meurtriers. Coté sudiste, les Bushwackers vont bientôt se trouver un chef capable de résister efficacement à ces ennemis : William Clarke Quantrill.



Les débuts de Quantrill


Quantrill est né à Dover (Ohio) le 31 juillet 1837, ainé de huit enfants. Un de ses oncles était pirate dans le golfe du Mexique, son grand-père, un joueur professionnel et un maquignon pas vraiment honnète, son père, Thomas Henry, fut impliqué dans plusieurs scandales…
Malgré tout, l'enfance se déroule sans incident, le petit William est un garçon charmant. A 16 ans il est diplomé d'une grande école et enseigne bientôt dans celle de Dover. En 1854, le père meurt et Quantrill se retrouve brusquement soutien d'une famille qu'il ne peut faire vivre. Il décide de partir vers l'ouest et d'y faire fortune. Il parcourt l'Indiana et l'Illinois mais échoue dans ses entreprises. Il rentre chez lui en 1856 avant de définitivement s'enfuir (loin de ses créanciers !) et avec la complicité de sa mère, il part pour le Kansas. Un Kansas en pleine agitation ou il espère pourtant acheter une ferme et s'installer. Il fait même état de convictions très nordistes à ce moment mais opère une complète conversion après s'être pris d'amitié avec une bande de conducteurs de chariots originaires du sud qui hantent les saloons qu'il fréquente. Avec eux, il va jusqu'en Utah, prospecte, revient au Kansas. Il visite ou réside à plusieurs reprises dans la ville de Lawrence ou il a quelques ennuis avec la loi. Il se fait aussi des amis dans la réserve des indiens Delawares, toute proche. En 1860, Quantrill s'associe avec une bande de « border ruffians » menée par la famille McGee, plutôt « esclavagiste », puis avec le capitaine Stewart, autre chef de bande mais franchement abolitionniste ! On vole des chevaux … ou des esclaves, en fait tous ces gens « font de l'argent » et c'est bien ce qui intéresse le plus Quantrill à présent. Il a compris que le vol était le moyen le plus rapide de faire fortune !


Naissance d'un « guérilla »


Quand éclate la guerre, Quantrill chevauche avec de nouveaux amis, des Cherokees partisans du sud. Le 10 aout 1861, il est présent avec eux à la bataille de Wilson's Creek (comme Frank James) qui voit les confédérés écraser le général Lyon. Il s'engage ensuite aux cotés du général Price comme simple soldat et va lutter contre la brigade du Kansas de Jim Lane, récemment élu sénateur de l'état. Celui-ci conduit une troupe qu'il a recruté sur la promesse du butin. Les localités du Missouri en font les frais. Le 22 septembre, la ville d'Osceola sur la rivière Osage, est ainsi pillée et incendiée de fond en comble, au moins dix hommes sont abattus, tout cela alors que le tiers de la population était réputée Unioniste, mais peu importe pour Lane, seul le butin compte et à Osceola, il ne s'est pas géné ! Au moment du raid sur Lawrence, certains des hommes de Quantrill hurleront « souvenez -vous d'Osceola ! » en pillant la ville …

Mais en ce mois de septembre 1861, Quantrill quitte l'armée comme beaucoup d' hommes à l'invitation même de Price, encombré de trop de recrues qu'il ne peut équiper. Dans les Blues Springs, comté de Jackson, Quantrill et un ami, Andrew Walker, rassemblent un petit groupe afin de s'opposer aux exactions des Jayhawkers de la région. L'hiver venu, si Walker et la plupart des hommes rentrent chez eux, ceux qui demeurent vont constituer le noyau de la bande dont Quantrill va prendre la tête. Pourquoi lui ? Quantrill est excellent cavalier et bon tireur, il a l'expérience de la guérilla comme de la guerre classique ayant fait partie de l'armée régulière, il est courageux, intelligent, éduqué… en bref, c'est un chef né. Quantrill va attirer sans difficulté les nouvelles recrues et aura parfois des centaines d'hommes sous ses ordres, mais en cette fin 1861, ils ne sont que quinze, dont George Maddox et George Todd. Fin janvier 1862, plusieurs gars rejoignent la bande, parmi eux Thomas Coleman Younger, plus connu sous le nom de « Cole » , son père a été assassiné par des miliciens fédéraux du Missouri, un cas presque banal tant les violences commises par les nordistes dans la région constituent une source inépuisable de recrutement pour les guérillas rebelles. Mais ceci ne signifie pas que tous les hommes de Quantrill vont se battre pour la justice ou la vengeance, bon nombre ne sont que des bandits attirés par la perspective du butin. Cependant, pris dans l'engrenage de la violence, tous finiront par y succomber.

A partir du déclenchement des hostilités et malgré ses « prises de position » antérieures, Quantrill adhére définitivement à la cause sudiste. Il adopte un code de l'honneur personnel qu'il entend faire partager à ses troupes : Il tient ses engagements, accepte les redditions, libère ses prisonniers sur parole, essaie même l'échange de prisonniers, et promet la mort immédiate pour qui brutaliserait ou violerait une femme. Bien sûr, il « liquide » sans pitié tout homme qui lui résiste, civil ou militaire, ceci à la façon de tous les autres chefs de bande, Jayhawker, Bushwacker ou Redleg. Il faut souligner que ce n'est qu'à partir du moment ou les fédéraux déclarent que tous les partisans rebelles ne sont que des bandits et exécutent les hommes de Quantrill capturés (proclamation du général Henry Halleck du 13 mars 1862 en réponse aux déprédations commises par les Guérillas du Missouri) que sa guerre devient sans-quartier. Dès ce moment, on ne fait plus de prisonnier et les meurtres de sang-froid deviennent courant. En face, que l'on porte ou pas l'uniforme bleu, on en fait autant. Peu importe qui a commencé, cela a commencé et la guerre de la frontière Kansas/Missouri ne sera qu'une suite d'actions de vengeances et de représailles en réaction à d'autres vengeances et d'autres représailles !


Premières actions


Le 8 juillet 1862 à Sugar Creek, la bande manque bien d'être détruite mais Quantrill s'en sort de justesse et reprend ses opérations, toujours aidé par les maladresses des fédéraux qui, exaspérés par les insaisissables guérillas, font maintenant la guerre aux civils. Le 22 juillet, le brigadier général Schofield ordonne à tous les hommes du Missouri en age de porter les armes de s'enrôler dans la milice de l'état, milice yankee bien sûr. Le seul résultat obtenu par cette proclamation est de jeter un grand nombre d'hommes pacifiques dans les bras de Quantrill et des autres chefs de bande. Trois cents hommes vont même s'enrôler dans le régiment régulier que forme le colonel confédéré Hays dans la région !
Le 11 aout, Quantrill participe à la prise d'Independance avec une partie de ses hommes aux cotés d'environ 400 soldats sudistes des colonels Hays et John T.Hughes. Au cours de cette action, 26 fédéraux sont tués, 74 blessés et plus de 150 capturés. La réputation de Quantrill en sort renforcée d'autant plus que le lendemain, le colonel Thompson, agissant sous l'autorité du général Hindman, incorpore officiellement la bande au service de la Confédération en vertu du « partisan rangers act » adopté le 21 avril précédent par le congrès sudiste. 120 Bushwackers élisent Quantrill capitaine, William Haller , premier lieutenant, Todd , second lieutenant…En fait, cela ne change rien aux habitudes et à la tactique des guérillas. Quelques temps plus tard, la ville de Olathe est razziée et une quinzaine d'hommes abattus, Quantrill échappe aux forces fédérales qui se rattrapent en « vivant sur le pays » , c'est à dire aux dépens des sympathisants confédérés.
Rappelons que la bande de Quantrill n'est pas la seule à sillonner la région. Fin septembre 1862, les guérillas du colonel confédéré Joseph C.Porter ont pillé la ville de Palmyra dans le nord-est du Missouri. En représailles, une dizaine de rebelles, ou présumés tels, sont officiellement passés par les armes le 18 octobre suivant ce qui provoque une vague de colère chez tous les sudistes qui s'indignent de ce « massacre de Palmyra ». Encore un acte qui réclame vengeance.

Au cours de l'hiver 1862-1863, Quantrill passe en Arkansas à la tête de 150 hommes. Les guérillas servent d'éclaireurs à la brigade du Missouri du général Shelby. A la mi novembre, laissant le commandement à Todd, Quantrill part pour Richmond. Il semble que son but essentiel ait été de se faire nommer colonel. Il échouera et passera confortablement la plus grande partie de l'hiver dans la capitale confédérée. Si Quantrill porta effectivement le grade de capitaine de l'armée confédérée, il ne fut jamais nommé officiellement colonel, il s'attribua ce grade de son propre chef au cours de l'été 1864.
Pendant ce temps, Todd, peu fait pour la vie militaire, quitte Shelby et cède le commandement à Gregg. Dégoutés par les batailles de Cane Hill et Prairie Grove, beaucoup de bushwackers rentrent au Missouri par petits groupes. On y retrouve Todd et Cole Younger qui était resté pour soigner les blessés de la bande. Au printemps, ceux qui sont restés auprès de Shelby, et ont enduré les rigueurs d'une dure campagne, retournent au Missouri.


Terreur au Missouri


Au début du mois de mai 1863, un ancien de chez Quantrill , Dick Yeager, mène avec succès un raid contre Council Grove, une petite ville du Kansas. Parmi ses gars, un nommé Bill Anderson qui va bientôt faire parler de lui. Cette action, peu importante en elle-même, prouve toutefois qu'avec un peu d'audace, on peux frapper l'ennemi au cœur même de son territoire. Quantrill, de retour au Missouri, ne manque pas de le noter avec intérêt…
La situation sur la frontière Kansas -Missouri est épouvantable en ce printemps 1863. La région est dévastée par des bandes des deux camps ainsi que par des groupes de vulgaires bandits. Comme la majorité ne porte pas le moindre uniforme , il est difficile d'attribuer telle ou telle exaction à une bande en particulier, et quand on porte un uniforme, ce n'est pas nécessairement celui de son camp ! La bande de Quantrill, par exemple, affectionne les uniformes bleus volés sur les cadavres yankees. Même les troupes régulières se « laissent aller » . Le « Missouri Republican » raconte ainsi la chevauchée sauvage de quarante Redlegs secondés par cinquante soldats de l'Union à travers le comté de Lafayette « … au moins trente maisons ont été incendiées et ils ont tués au moins cinquante hommes désarmés… » Quand aux milices, elles se conduisent exactement comme les jayhawkers ou les Bushwackers rebelles.

Les autorités fédérales font règner la terreur dans la population, exerçant des représailles non seulement contre les familles des sécessionnistes, mais aussi contre celles qui ne sont que « suspectées ». Une telle répression ne peut engendrer que d'avantage de haine et de résistance. Parmi les mesures prises, l'exil des coupables ou prétendus tels, mais il faudra attendre le 18 aout et l'ordre N° 10 du général Ewing pour que cette politique de déportation soit officialisée. En attendant, on arrête les femmes et les filles des rebelles et on les enferme en espérant que les hommes se rendront…
Le 24 mai 1863, le général Schofield remplace Curtis à la tête du département du Missouri (incluant le Kansas), le 9 juin, il divise son département en deux, « the district of the frontier » sous le général Blunt et « the district of the border » sous le général Ewing.

Pendant ce temps, Quantrill et ses hommes effectuent quelques raids mineurs mais ne font guère parler d'eux. En fait le chef des guérillas a en quelque sorte « délégué » ses pouvoirs à plusieurs de ses lieutenants qui ont formé des bandes à eux : Todd, Younger, Pool, Bill Anderson… D'autres groupes indépendants s'associent à ces bandes et on peut dire que le terrain est largement occupé pendant l'été 1863. En mai, une nouvelle recrue a rejoint les guérillas, un jeune homme du nom de Frank James (son frère Jesse n'a que 15 ans et ne deviendra un Bushwacker qu'à l'été 1864. Il ne sera évidemment pas présent à Lawrence). La famille James a eu bien des soucis avec les fédéraux, histoire classique…


Pourquoi Lawrence ?


En fait Quantrill est fort occupé. D'abord par sa romance avec une jeune fille du comté de Jackson, Sarah Catherine King, et puis il prépare un grand coup, l'attaque de la ville de Lawrence au Kansas. Le choix de Lawrence ne doit rien au hasard. Il ne s'agit pas d'une petite ville bien tranquille sur qui la fatalité se serait soudain abattue. D'abord Quantrill connaît bien la ville, il y a résidé et n'y a pas que des amis. Surtout, Lawrence, qui compte environ 2 000 habitants, a été fondée par des abolitionnistes en 1854 et fut la « capitale » du mouvement du « Kansas libre » avant la guerre, d'ou partaient les raids qui allaient dévaster les localités pro-sudistes. C'est aussi une importante station du « chemin de fer souterrain », le réseau d'évasion des esclaves du sud vers les états yankees, un centre de recrutement pour les troupes de l'Union et le quartier général de bon nombre de Jayhawkers qui viennent y écouler leur butin. Enfin, c'est là que réside le premier gouverneur de l'état, Charles Robinson ainsi que le sénateur Jim Lane. Lawrence est vraiment LA cible idéale pour un chef de guérilla sudiste , même si il faut auparavant parcourir 40 miles en pays ennemi.

Au cours de l'été 1863, Quantrill collecte des informations, une femme de la ville dresse même pour lui une liste des hommes à abattre et des maisons à incendier ! Les habitants pressentent bien qu'ils sont l'objet d'un intérêt malveillant et forment une nouvelle compagnie de « Home guards » tandis que le général Ewing envoie une compagnie d'infanterie renforcer la garnison. Quantrill ne se montrant pas, la compagnie est rappelée. Ne restent à Lawrence que deux faibles contingents de recrues noires et blanches, sans entraînement et mal armés. La population se sent pourtant rassurée, si les troupes se retirent, c'est qu'il n'y a aucun danger, et puis cela fait bientôt trois ans que l'on attend les rebellles, ils ne viendront pas encore cette fois …

Grave erreur, Quantrill, qui connaît la vulnérabilité de la ville, est bien décidé à attaquer. Il va mettre pourtant toute la journée du 10 aout pour convaincre ses lieutenants que l'opération est possible et que la retraite l'est tout autant. Que le butin sera immense et que l'occasion de se venger de toutes les exactions des Jayhawkers est vraiment trop belle. Ce dernier argument balaie les hésitations, tous ont une revanche à prendre, un être cher ou un ami à venger, la haine l'emporte. A la fin du jour, le conseil se prononce pour le raid à l'unanimité.
La semaine suivante se passe en préparatifs, on n'a pas divulgué le nom de la cible aux hommes et beaucoup pensent à Kansas-City…


Le drame de Kansas-City


Une tragédie va se dérouler à Kansas City le 13 aout et encore contribuer à enrager le cœur des Bushwackers, si toutefois cela était encore possible . Dans leur politique répressive, les autorités fédérales n'avaient pas hésité à emprisonner les femmes appartenant aux familles des guérillas ou proches d'eux. Une attitude particulèrement insupportable pour la plupart des rebelles pour qui toucher aux femmes était un manquement aux règles les plus élémentaires de l'honneur. Le général Ewing en avait fait enfermer entre 10 et 30, selon les estimations, au deuxième étage d'un immeuble situé au 1409 grand avenue à Kansas-City, et cet immeuble venait de s'effondrer ! Civils et militaires s'étaient précipités mais le bilan était lourd parmi les prisonnières dont aucune n'avait plus de vingt ans. Une des sœurs de Bill Anderson, Joséphine, est morte, les deux autres, Mary et Martha, grièvement blessées. Morte également la cousine de Cole Younger, Charity McCorkle Kerr ( sœur d'un autre membre de la bande, John McCorkle), mortes les deux soeurs jumelles d'un des hommes de Quantrill, Armenia Crawford Selvey et Susan Crawford Vandever… Les survivantes sont toutes gravement atteintes. On imagine la rage qui s'empare des bushwackers à l'annonce du désastre, et bien vite, les yankees sont accusés d'avoir délibérément provoqué la catastrophe !

On sait aujourd'hui qu'il n'en est rien. L'immeuble était vétuste et mal entretenu. Il semble qu'il ai été, involontairement, sapé par des gardes fédéraux désireux de rejoindre des prostituées qui étaient également enfermées dans l'immeuble, mais à la cave. D'après un chirurgien de l'US army, Joshua Thorne, le lieu était devenu un véritable « Bordel ». Les gardes avaient creusé plusieurs trous dans les murs principaux et la veille du drame, Thorne signala qu'une des filles avait même brisé à la hache une des poutres maitresse des fondations !
On a parfois avancé que le raid de Lawrence avait été mené pour venger Kansas-City. Cela est faux, le raid avait été organisé bien avant. Cette catastrophe ne contribua qu'à augmenter la fureur des guérillas et exacerber leur désir de vengeance. .


Le Raid !


Le 18 aout 1863, le jour ou le général Ewing émet son ordre N° 10, premier pas qui va conduire à l'exil des milliers de personnes, Quantrill, à la tête de 150 hommes, rejoint les bandes d'Anderson et Blunt, portant son effectif à 300 cavaliers. Le lendemain, il annonce le but réel de l'expédition et harangue ses troupes. Ceux qui le désirent peuvent encore se retirer, et quelques uns renoncent effectivement. La majorité suit Quantrill dans son entreprise. Peu de temps après être entré au Kansas , la troupe rencontre le colonel Holt qui mène une centaine de recrues du Missouri désireux de rejoindre l'armée sudiste. Holt accepte l'invitation de Quantrill de participer à l'action. A peu près dans le même temps, un cinquantaine de fermiers et habitants des comtés de Bates et Cass se joignent au groupe, attirés par l'odeur du butin.

Au total, ce sont près de 450 hommes que Quantrill va mener à l'assaut de Lawrence, la force de ce genre la plus importante jamais assemblée sous un même commandement au cours de toute la guerre. Lors de la marche qui va durer toute la nuit, les forces rebelles progressent de ferme en ferme, se faisant guider à chaque fois par l'homme de la maison . Si le « guide » est allemand, il est abattu immédiatement (les allemands ont la réputation d'être les plus farouches des abolitionnistes ), si il est reconnu comme Jayhawker, il n'est tué que lorsque la maison suivante est en vue. Dix hommes sont ainsi assassinés avant que Quantrill ne parvienne aux abords de la ville. Les Bushwackers se déploient mais la proie semble formidable. On avait espéré attaquer de nuit et surprendre la population dans son lit, mais le soleil est déjà levé quand les guérillas lancent l'attaque. Beaucoup d'habitants de Lawrence sont debout et déjeunent . Incrédules, ils mettent le nez aux fenètres aux premiers coups de feu et au premiers « rebell yell ».





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Mac Lean

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MessageSujet: Re: William Quantrill   Ven 27 Jan - 13:33

Merci, Superbe sujet, magistralement traité. Mac lean.

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paddy

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MessageSujet: Re: William Quantrill   Ven 27 Jan - 13:34

La première victime est le révérend Snyder, agent recruteur et lieutenant au 2nd colored regiment. Un jeune couple, John Donelly et Sally Young, est ensuite pris à partie. Donelly parvient à fuir, Miss Young est capturée, elle va servir de guide et toute la matinée, conduira de petits groupes de guérillas vers les maisons appartenant aux hommes qui figurent sur la liste.

Les cavaliers rebelles envahissent les rues. Quantrill ordonne la halte vers le milieu de la ville, il envoie Holt et ses hommes couvrir le coté est, Blunt et les siens vers l'ouest. Un groupe dévaste le petit campement des 24 recrues blanches du 14th Kansas regiment. 7 sont tués, 5 blessés. La cible suivante est le camp du 2nd colored regiment. Les soldats noirs fuient , ils savent qu'ils n'ont aucun espoir de résister et que c'est une mort certaine qui les attend si ils sont capturés. La majorité est abattue. Les guérillas chargent à travers les rues en tirant de tous cotés. L'hotel de la ville est envahi, ses résidents sont épargnés mais ils sont poussés dans les escaliers et dépouillés. Les chambres sont pillées. Ici et là, des maisons commencent à bruler, y compris les bureaux des journaux hais, le « Republican » et le « Kansas Tribune ». les saloons et les magasins sont forcés, le whisky coule généreusement et plus d'un bushwacker est bientôt ivre. Quatorze hommes de la ville se rendent dans la maison Johnson, ils sont conduits dans les rues puis soudain, froidement abattus. Une scène qui se répète à plusieurs reprises. Les guérillas promettent aux hommes qui font mine de résister qu'ils seront simplement rassemblés à un endroit donné, quand ils se sont rendus, ils sont exécutés. Ainsi messieurs Thorpe, sénateur du Kansas, Griswold, trask et Baker, les deux derniers récemment mariés, sont-ils assassinés sous les yeux de leur épouse (seul Baker survivra) ;

En fait, il ne semble pas que les guérillas aient d'abord eu l'intention de tuer tous les hommes en age de porter les armes contre le sud, mais plutôt la volonté de « liquider » tous les citoyens importants de la ville, toujours en suivant la liste pré-établie. Rapidement, pourtant, l'affaire dégénère et les bushwackers abattent tous les hommes qu'ils rencontrent au moindre prétexte. Ici on demande un verre d'eau et on tue l'homme qui vient le servir. Là, un habitant de la ville sauve sa vie et sa maison pour 1 000 $, son voisin en fait autant, le rebelle l'épargne mais le suivant le tue ! Un petit garçon de douze ans est abattu d'une balle en pleine tête car il porte une veste de soldat de l'Union que sa mère lui a confectionné pour jouer… Aucune logique ne préside plus aux opérations, chaque guérilla, livré à lui-même, fait à peu près ce qu'il veut selon son degré de sadisme ou de bonté, et son état d'ébriété plus ou moins avancé. On pourrait raconter une multitude d'histoire à propos du raid de Lawrence, chaque meurtre étant en soi une anecdote particulière ou se mêlent cruauté et violence. A noter que Quantrill lui-même, installé dans un buggy volé, ne prit aucune part à l'action, se contentant d'observer.

Tout en haut de la liste des hommes à abattre figure bien sûr le nom de Jim Lane. Dès les premiers coups de feu, celui-ci avait bondi de son lit, et pieds nus et en chemise, il avait traversé un champ de maïs avant de se réfugier dans un petit ravin. Il parviendra à une ferme ou il trouvera vêtements et monture et tentera de constituer une troupe de volontaires pour s'opposer aux sudistes. Lane échappe donc à Quantrill qui se contente d'incendier sa superbe demeure, quant à Mrs Lane, elle est traitée avec toute la courtoisie possible. Un fait est établi et absolument irréfutable, pendant toute la durée du raid, aucune habitante de Lawrence ne sera molestée par les bushwackers. Non seulement aucun cas de viol ne sera à déplorer, mais les femmes de la ville ne seront même jamais menacées sérieusement. Elles seront parfois injuriées et on leur dérobera tous leurs bijoux jusqu'à leur alliance, mais aucun cas de mauvais traitement ne sera signalé. On a vu que Quantrill ne plaisantait pas à ce sujet. Juste avant l'attaque de la ville, il avait encore répété à tous ses hommes qu'en aucun cas ils ne devraient toucher à une femme, qu'elle soit noire ou blanche, et il faut reconnaître que les guérillas, même ivres, respectèrent scupuleusement cette règle de conduite. On peut spéculer sur leur prétendu sens de l'honneur ou sur la crainte d'un implacable chatiment de la part de leur chef, en tous cas, le fait est là. Le gouverneur du kansas, Charles Robinson, dira même que Quantrill était meilleur que Lane car il préservait les femmes de toute violence « ce que Lane ne faisait pas lors de ses expéditions au Missouri .

Pendant tout le temps que dure le raid, les femmes de Lawrence se montrent remarquablement courageuses. Elles sauvèrent bon nombre d'hommes, en les déguisant parfois avec leurs vêtements ou en les cachant dans des caves, il résulta même deux mariages de ces périlleuses histoires ! Elles s'opposèrent autant que possible aux guérillas, s'interposant parfois entre leurs hommes et les révolvers ennemis, elles luttèrent également de toutes leurs forces contre les incendies… Alors que son époux, le juge Riggs, fuyait devant un bushwacker à cheval, sa femme Kate, se jeta au devant de l'animal et se saisit des rènes. Le cavalier tenta de l'ignorer et la traîna ainsi pendue aux brides. Quand il voulut ajuster le juge de son arme, Mrs Riggs tira de toutes se forces, le coup fut manqué et le juge parvint à s'échapper. Il est remarquable que le guérilla ne pensa pas un seul instant à se débarasser de cette femme d'un seul coup de révolver ou même à la frapper pour lui faire lâcher prise …

Les femmes de Lawrence ne furent pas les seules personnes à se montrer courageuses et humaines au cours de ce tragique 21 aout. Un jeune homme, probablement un des fermiers qui avaient rejoint la troupe juste avant le raid, avoua à une femme, Mrs Gordon Grovenor, qu'il était malade de ce qui se passait. Mrs Grovenor raconta « il me dit qu'il n'était venu que pour récupérer quelques chevaux volés et qu'il n'avait tué personne ou incendié aucune maison … »… La plupart des recrues du colonel Holt, et même certains bushwackers, ne prirent aucune part au carnage, montrant aux habitants leurs armes qu'ils n'avaient pas utilisé de la journée et s'excusant pour ce qui arrivait. Quelques-uns intervinrent pour empécher des meurtres, on dit par exemple que Cole Younger sauva une douzaine d'hommes, ou aidèrent les femmes à éteindre les incendies ou sauver leurs biens. Certains bushwackers étaient franc-maçons et plusieurs résidents de la ville furent épargnés par l'emploi de signes secrets destinés à leurs « frères ».


La retraite



Peu après 9 heures du matin, une petite colonne de cavalerie fédérale ayant été signalée dans le lointain, Quantrill ordonne le ralliement au sud de la ville. Il fait ramasser les traînards par William Gregg. Des traînards , il y en a beaucoup, la plupart ivres mort, qui continuent à incendier et tuer. Alors que les bushwackers s'éloignent déjà de la cité en flammes, le dernier, un certain Larkin Skaggs, s'attarde trop à piller une maison, il est rattrapé, abattu et littéralement mis en pièces… A l'exception de Skaggs, trois bushwackers furent blessés pendant l'attaque. Le lendemain, un nommé Tom Corlew, qui avait eu le tort de faire quitter Lawrence à sa famille la veille du raid, est condamné et pendu par un jury improvisé en tant « qu'espion de Quantrill » !

La ville panse ses plaies. 182 édifices dont 100 demeures privées, sont en ruines. Toutes les maisons ont été largement pillées. D'après les meilleures estimations et les plus récentes, le total des morts s'élève à 193, laissant 85 veuves et 250 orphelins. Une trentaine de blessés survécurent. La valeur des biens détruits ou volés fut estimée à 2 millions de dollars de l'époque.
Pendant plusieurs jours, Lawrence va vivre sous le choc et dans l'angoisse d'un retour des bushwackers. D'ailleurs une véritable panique va s'emparer de la population quand un cri venu d'on ne sait ou retentira dans la nuit « ils reviennent ! », fausse alerte bien sûr, mais il faudra plusieurs jours pour que les survivants se calment et que les hommes, crispés sur leurs fusils, abandonnent leurs postes dans les champs.

Bientôt, les dons vont affluer pour la reconstruction. Un grand bal de charité est donné à Kansas -City au bénfice de Lawrence. Les fermiers des environs apportent des provisions. Les cités de Leavenworth, Wyandotte et Topeka envoient vivres et vêtements. Signalons qu'aucun dédommagement ni pension ne seront jamais versés aux invalides, veuves et orphelins du raid par l'état du Kansas ou le gouvernement fédéral. Ce n'est que le 5 mai 1887 que la chambre des représentants du Kansas adoptera l'arrêté « du raid de Quantrill » fixant le remboursement des propriétés perdues à la somme forfaitaire de 1 500 $ par plaignant !!!
A la fin de la guerre civile , Lawrence aura retrouvé sa spendeur , et être un « survivant du massacre » sera considéré comme une distinction jusqu'à la fin du XIX° siècle. Avoir « vécu le raid de Quantrill » vous classant dans les citoyens de marque de la ville.

Pour en revenir à Quantrill, il peut sembler très surprenant qu'une force de 450 cavaliers n'ai pas été répérée au cours de sa progression à travers un territoire hostile. En fait, dans la nuit de 20 aout, un fermier avait signalé les bushwackers à un campement fédéral situé à Aubry. Son commandant, le capitaine Pike avait bien envoyé des messages aux autres postes militaires ainsi qu'au quartier-général d'Ewing à Kansas-City, mais il n'avait lui-même qu'une centaine d'hommes sous ses ordres (il dira plus tard que seul 21 étaient aptes au service ce jour là !), dans ces conditions, toute action aurait été suicidaire contre une force aussi importante (le fermier ayant même estimé les raiders à 800 !). Pike aura pourtant bien des ennuis pour son inaction ce jour là …

La poursuite s'organise après le raid. Le capitaine Coleman rejoint Aubry avec 80 hommes et prend le commandement des forces de Pike. Peu après, il est rejoint par le major Plumb, le chef d'état-major d'Ewing, à la tête de …30 fantassins montés, les seules troupes qu'il a pu rassembler ! la colonne hétéroclite, moins de 200 hommes, se lance derrière les bushwackers.
Nous avions laissé le sénateur Lane tentant de regrouper des volontaires. Il était parvenu à rallier quelques dizaines de fermiers armés et montés de toutes les façons possibles , et essayait à présent de rejoindre les guérillas. Ceux-ci avaient des montures plus fraiches et de bien meilleure qualité que leurs poursuivants. Cependant, Plumb et Lane, joignant leurs forces, parviennent à serrer de près l'arrière-garde de Quantrill. Menée par George Todd, celle-ci réussit à stopper l'élan des nordistes. A plusieurs reprises, Quantrill tient en respect les troupes qui le talonnent. Plumb ne lâche pas prise et reçoit le renfort de 150 fermiers sur des chevaux frais. Il en confie la direction au lieutenant Leland qui va harceler la colonne rebelle. Le retraite de Quantrill est un jeu de « combat-repli-combat » incessant. Il y a des pertes des deux cotés et malheur au bushwacker blessé qui tombe entre les mains des yankees ! Les trois blessés de Lawrence, transportés dans une voiture, sont rattrapés, abattus et …scalpés !!!

Quantrill commence à disperser ses hommes et une véritable chasse au guérilla, ou supposé tel, se déclenche sur la frontière. Les gens du Kansas ne font pas de prisonniers, pas plus que les redlegs ou même certains officiers de l'Union. Le 27 aout, Ewing rapporte au général Schofield que 80 hommes on déjà été tués « je pense que cela fera largement plus de 100 tués très bientôt, aucun prisonnier n'a été fait et aucun ne sera fait . » Les fédéraux affirment qu'ils ont abattus au moins 150 des raiders de Lawrence, mais les opérations de guérillas de Quantrill reprennent de plus belle après le « retour au pays » comme si la bande n'avait pas souffert de l'opération . Il est plus probable que ceux qui furent tués par les nordistes étaient surtout des recrues du colonel Holt ou des fermiers du Missouri, voir des hommes sans relation aucune avec l'attaque de la ville et qui se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment.


L'ordre N°11


Le 28 aout 1863, des espions signalent que Quantrill, Younger et la majorité de leurs hommes, sont en sécurité de l'autre coté de la « ligne » et les troupes qui menaient la chasse abandonnent une à une . Trois jours plus tôt, le général Ewing, en concertation avec le sénateur Lane, émettait son ordre général N° 11 par lequel il décrétait la déportation de toute la population des comtés de Jackson, Cass, Bates et Vernon au Missouri, une mesure concernant 20 000 personnes !
L'exode se déroule dans des conditions épouvantables, les Missouriens déplacés étaient majoritairement des femmes, des enfants, des viellards, et le peu qu'ils possèdaient leur avait déjà été enlevé au cours des multiples raids commis par les uns et les autres depuis des années.

Bien sûr, au cours de ce déplacement de population, les Jayhawkers, menés par Doc jennison et les autres redlegs, ne se privèrent pas d'incendier, piller et assassiner. Moins de six mois plus tard, le 24 janvier 1864, l'ordre N°11 était tempéré et toute personne non « déloyale de façon active » autorisée à rentrer chez elle. Le 28 février , Ewing était muté dans le Colorado, mais ses amis hauts placés intervinrent et il échoua finalement dans le district de St Louis !
Privés de nombre de leurs soutiens et en but aux attaques incessantes des nordistes, les guérillas connurent un hiver difficile. Cependant, en mai 1864, le colonel Ford, à la tête des troupes fédérales du comté de Jackson, avouait que le pays était toujours infesté de bushwackers et que « leurs amis dans tout le pays les ravitaillent… » Inique et impopulaire, l'ordre général N°11 s'était, de surcroît, montré parfaitement inéfficace !


Le déclin de Quantrill



Après Lawrence, Quantrill connut encore le succès, notamment à Baxter Springs ou il manqua de justesse de liquider le général Blunt , puis il passa au Texas ou les autorités confédérées lui confièrent la mission d'arrêter les déserteurs de leur armée, une tâche dont Quantrill ne s'acquitta que très imparfaitement. De plus, sa bande commençait à se désintégrer. Les « meilleurs » éléments, les plus sincères dans leurs convictions en tous cas, étant de plus en plus choqués par la violence aveugle et le relachement général de la discipline. Ainsi s'en allèrent William Gregg et Cole Younger. Les choses s'envenimèrent tellement entre Quantrill et le général McCulloch au Texas que les bushwackers rentrèrent au Missouri. Là, Anderson et Todd, formèrent leurs propres bandes. Supplantant Quantrill, ils furent très actifs au cours de l'été 1864, « Boody » Bill Anderson se distinguant particulièrement par ses atrocités (massacre de Centralia, le 26 septembre ). En fait, la grande époque de Quantrill était passée. Les bushwackers rejoignirent les forces confédérées du général Price au cours de son invasion du Missouri, invasion ponctuée de nombreux pillages, meurtres et violences diverses (et même de viols, signe d'une dégradation nouvelle de la discipline).

Todd est tué en octobre et c'est Dave Pool qui prend le commandement. Anderson tombe à son tour vers la fin de la campagne qui voit la défaite définitive de Price et la fin de toute résistance sudiste dans la région . Les bushwackers s'étant largement impliqués dans cette campagne sont pratiquement éliminés du Missouri. C'est à ce moment que Quantrill, qui n' a suivit les opérations que de très loin, décide de partir vers l'est. On lit encore souvent que son objectif était d'aller assassiner le président Lincoln, il semble plutôt qu'il voulait absolument gagner la Virginie ou il avait l'espoir d'effectuer une reddition en règle en rejoignant l'armée du général Lee. Il savait très bien qu'il n'avait aucune chance en restant au Missouri ou dans l'ouest. Plusieurs des hommes qui le suivirent jusqu'au bout confirmèrent cette intention de se rendre en Virginie quand ils furent capturés peu après leur arrivée au Kentucky. Trente trois hommes accompagnaient Quantrill dans son ultime chevauchée, dont les frères James. Après un périple semé de multiples embûches, embuscades et pillages, au cours desquels la petite troupe s'amenuisait peu à peu, quantrill fut finalement blessé le 10 mai 1865 dans un accrochage à la ferme Wakefield. Paralysé par une balle logée dans sa colonne vertébrale, il fut transporté à Louisville ou il s'éteignit le 6 juin. Il avait 28 ans.


En guise de conclusion


Militairement parlant, le raid de Lawrence est une splendide opération dans le sens ou la chevauchée en territoire ennemi et le retour furent pleinement réussis avec un minimum de pertes. Seulement le raid ne peut justement pas être considéré comme une opération militaire mais comme un acte de vengeance, largement conduit dans la perspective d'un riche butin. On pourrait presque dire que, comme au XVII° siècle le fit Morgan avec ses flibustiers, Quantrill conduisit ses « pirates » à l'assaut d'une ville ennemie. Pourtant, le raid sur Lawrence est plus que cela, c'est incontestablement un acte de guerre, mais une guerre qui n'a rien à voir avec les champs de bataille de l'est , ni même avec la « marche vers la mer » qu'accomplira Sherman un an plus tard.

Quantrill a porté la terreur chez ses adversaires, comme ceux-ci l'ont fait tant de fois dans un Missouri abandonné par la Confédération. Seule l'ampleur de cette revanche en fait un événement « remarquable », 450 hommes détruisant une ville de plus de 2 000 habitants, on n'avait encore jamais vu cela dans le coin ! Bien sûr le massacre de près de 200 hommes, la plupart désarmés, reste inexcusable, tout comme le sont les crimes commis à Osceola, Baxter Springs et ailleurs. Le nombre des victimes est impressionnant, mais l'horreur est-elle moins grande quand un seul fermier est exécuté par des jayhawkers sous les yeux de sa famille ? Quantrill fut considéré comme un bandit sans foi ni loi, des membres de sa bande devinrent effectivement des bandits après la guerre, mais un Lane ou un Jennison valaient-ils mieux qu'un Quantrill ou qu'un James ? Les deux premiers cités sont dans le camp des vainqueurs, les deux autres dans celui des vaincus, à eux donc le mauvais rôle…


Sources :

« The devil knows how to ride, the true story of William Clarke Quantrill and his confederates raiders » Edward E.Leslie
"Gray Ghosts of the Confederacy, guerrilla warfare in the west 1861-1865" Richard S.Brownlee
"William Clarke Quantrill" Albert Castel
"Spies , scouts and raiders, Time Life Books
"Civil war on the western border, 1860-1865"James Monaghan
"The vengeful war of W.C.Quantrill" A.Castel dans "Civil war" janv/fev 1992
"Quantrill's Lawrence Kansas raid" D.E.Stinson jr dans CWTI dec 1963

Les films sur le raid de Lawrence:

« dark Command » 1940 de R.Walsh
« The woman they almost lynched » 1953, A Dwan
"Quantrill's raiders" 1958 E.Brend
« Kansas raiders » 1950
« the desperados » 1969, I Allen
et "Ride with the devil" 1999, de loin le plus credible historiquement !!!

Signalons également les BD de la « jeunesse de Blueberry » : « les démons du Missouri » et « Terreur sur le Kansas » par Charlier et Wilson qui traitent de Quantrill et de Lawrence en prenant d'énormes libertés avec l'histoire et en présentant une version des faits très personnelle dénuée de toute véracité. Quand à l'album des Tuniques Blueues : « Quantrill » de Lambil et Cauvin , il n'a aucune valeur historique mais ce n'était certainement pas son objectif…




Brève biographie des deux « meilleurs ennemis » de Quantrill :


James Henry Lane (1814-1866)

Démocrate, ex-lieutenant gouverneur de l'Indiana, il sert avec distinction pendant la guerre du Mexique avec le grade de colonel. Il n'est en rien abolitionniste mais rejoint le parti du « Kansas état libre » en 1856 par pur opportunisme. Il se distingue par ses raids brutaux dans l'est du Kansas et l'ouest du Missouri par lesquels il libère de nombreux esclaves. Cependant il votera plus tard la loi interdisant aux noirs de résider dans l'état ! Elu sénateur républicain en 1861, ardent supporter de Lincoln, Lane et ses « frontier guards », une bande de gars du Kansas , servent de gardes du corps au président , à Washington, dans les jours troublés du printemps 1861. En remerciement, il obtient le grade de brigadier-général de volontaires en juin et le soutien quasi inconditionnel de Lincoln. De retour au Kansas, il lève une brigade qui combat les confédérés de Price et pille le Missouri. En janvier 1863, il est l'un des premiers à organiser un régiment noir. Après Lawrence, Lane est sévèrement discrédité et lors des élections de 1864, il est accusé de corruption et d'inaptitude. « Homme à femmes » , de nombreuses rumeurs circulent sur ses « inconduites », il est même cravaché en pleine rue à Washington pour avoir fait d'indécentes propositions à une dame ! Malgré tout, sa participation à la campagne qui défait price en 1864 lui vaut sa rééelection au sénat. Ayant perdu son protecteur avec l'assassinat de Lincoln, Lane se commet avec le nouveau président , Johnson, et perd le soutien des radicaux. Cette fois, sa carrière est brisée. Après une première tentative de suicide manquée, il se tire une balle dans la bouche le 5 juillet 1866 et agonise pendant dix jours. « Lane a terminé sa carrière de la façon qui convenait à ce qu'avait été sa vie » écrira un journal du Kansas…


Charles r. Jennison dit « Doc » (il a été médecin), (1834-1884)


Abolitionniste convaincu, il chevauche avec James Montgomery, un autre « jayhawker », pendant la période du « Kansas sanglant ». Au début de la guerre, ses pillards deviennent compagnie de milice du Kansas, puis unité de cavalerie de l'armée de l'Union (7th kansas vol.). Le capitaine Palmer de l'US army le décrit comme « Un couard et un meurtrier commandant à peine plus qu'une bande armée ». Jennison ne fait aucune distinction entre unionistes et pro-confédérés quand il pille, vole etc… « Les hommes de Jennison ne sont qu'une bande de voleurs… ils déshonorent le nom et l'uniforme du soldat américain et conduisent des unionistes dans les rangs sécessionnistes. Leur conduite pendant les six derniers mois nous a couté 20 000 votes dans l'état » , rapporte le général nordiste Halleck. Le 10 avril 1862, jennison démissionne et incite ses hommes à la désertion, il est emprisonné mais libéré sur intervention de ses amis abolitionnistes. On le retrouve combattant Price en octobre 1864. Il est mis en déroute à Byram's ford le 22 par les hommes de Shelby. Malgré cette défaite, il obtient la considération du général Blunt pour sa férocité dans l'action mais commet une bévue en accusant un officier de ce même Blunt. Jennison passe en court-martiale pour ses crimes pendant la campagne et est démis de ses fonctions le 20 mai 1865. Après la guerre il exerce divers métiers et se fait remarquer par ses positions contre le vote des noirs et la corruption des républicains. Très malade, il s'éteint le 21 juin 1884.






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MessageSujet: Re: William Quantrill   Ven 27 Jan - 15:56

COOL que tout le monde met ses connaissanes
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MessageSujet: Re: William Quantrill   Ven 27 Jan - 16:23

Paddy, tu devrais continuer d'écrire ça te réussi bien ! Wink

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MessageSujet: Re: William Quantrill   Ven 27 Jan - 16:36

merci !
j'ai écrit des articles pendant 20 ans pour notre revue d'assos sur la CW , la je suis un peu à la retraite depuis la fin de la publication ...
j'ai des stocks mais c'est CW et pas forcément dans l'ouest (encore que j'en ai quelques uns si ça intéresse)
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MessageSujet: Re: William Quantrill   Ven 27 Jan - 16:56

paddy a écrit:
merci !
j'ai écrit des articles pendant 20 ans pour notre revue d'assos sur la CW , la je suis un peu à la retraite depuis la fin de la publication ...
j'ai des stocks mais c'est CW et pas forcément dans l'ouest (encore que j'en ai quelques uns si ça intéresse)

Ici nous ne sommes pas Ciwil war car il y a d'autres forums qui font ça mieux que nous. Ceci dit, pour tes autres articles c'est avec plaisir que nous les lirons.

bom

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MessageSujet: Re: William Quantrill   Lun 1 Oct - 18:22

DEO VINDICE PADY
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MessageSujet: Re: William Quantrill   Lun 1 Oct - 18:24

Pardon PADDY
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